Petite réflexion sur l’école.

Salut à toi ami…. ce que tu veux… et si tu veux pas…tant pis.

Depuis quelques temps, quelques discussions et quelques lectures (de blog entre autres) j’ai fini par me faire une opinion bien tranchée sur l’école d’aujourd’hui, les enjeux, les tenants et aboutissants.

Je pense que pour être le plus objectif possible il faut d’abord mettre sur la table ce qui ne marche pas ou plus et ce qui marche.

Ce qui ne marche plus :

Soyons sérieux, ce qui ne marche plus c’est le collège unique. Houla, vous dites vous, il commence direct à mettre les pieds dans le plats.
Oui j’y vais gaiement, j’y vais gaiement parce que je me suis déjà pris la tête sur ce sujet avec un prof syndicaliste (snes) du collège. Outre le fait que beaucoup d’entre nous pensent que le collège unique est une belle connerie et qu’il faudrait arrêter avec (environ 75% des profs), l’avis des syndicats est tout autre et j’ai pu m’en rendre compte. On nous dit qu’il n’y a pas assez de syndicalisme, que les gens ne se syndiquent plus. Ben pour se syndiquer faudrait être d’accord avec les syndicats.
Pourquoi le collège unique ne fonctionne plus?

Le collège unique ne fonctionne plus car les disparités entre les élèves dans un même établissement sont énormes. Qu’est-ce que j’entends par énorme me direz-vous. J’entends par énorme, la différence entre un élève qui a besoin de 5min pour faire un simple exercice de prise d’informations dans un texte et un élève qui lui passe toute l’heure à déchiffrer le texte et figurez vous qu’il y a plus d’élèves dans le second cas que dans le premier. J’appelle énorme la différence entre un élève de 6ème qui sais compter et lire et écrire couramment et celui qui ne sait faire aucun des 3. Dès comme le dernier j’en avais au moins 3 dans chacune de mes 6ème avec tous les niveaux intermédiaires qu’on peut imaginer.
A l’IUFM on vous dira qu’il est de bon ton de faire de la pédagogie différenciée. Foutaises, vous imaginez faire 25 exercices différents pour une même classe, 2 ou 3 cours différents en fonction du vocabulaire. Soyons sérieux!!
Le collège unique aujourd’hui est une absurdité car les réalités sont différentes pour chacun des enfants. Différences de cultures, différence de milieu social, différence de capacités, différence de vécu, différence dans le rapport aux adultes et j’en passe…

Cela n’est peut être pas très clair pour toi cher lecteur alors je vais essayer d’être plus concret.

Imagine donc un élève moyen (ni bon ni mauvais) ayant quelques difficultés de lecture et autres en primaire passant de justesse en 6ème (la politique étant de faire passer le plus d’élèves possible). Celui-ci arrive en 6ème et devrait donc suivre tout normalement les heures de soutiens mises en place s’il y en avait les moyens dans la DHG (sinon ben il va se faire voir ailleurs).
En fonction de cette première donnée, résultent trois possibilités : soit l’élève récupère son retard, soit il ne le récupère pas mais se maintien soit il s’effondre (principalement dans le cas où il n’y a pas d’heures de soutien). Cet élève toute l’année aura eu diverses difficultés pour assimiler les différents vocabulaires ayant trait aux différentes matières et aura eu bien du mal à assimiler les différentes règles de grammaire.
Il passera donc en 5ème et continuera d’évoluer entre deux eaux (sachant qu’en 5ème quoi qu’il arrive il n’y a plus de soutien en français), ou bien s’effondrera. S’il s’effondre on dira bien évidemment que cela était pressenti dès la 6ème et qu’un redoublement ne lui serait en rien bénéfique. Il passera en 4ème puis en 3ème sans avoir de réel niveau et son orientation sera sérieusement compromise.

Vous comprenez mieux maintenant??

Ben si vous avez compris maintenant je vous livre la vrai vérité.

Vous imaginez maintenant sur une centaine d’élèves en école primaire 33 avec un niveau catastrophique, 33 avec un niveau moyen, 20 avec le niveau réellement requis et enfin 14 bons et très bons élèves (ça en fait trois par classe de 6ème, je suis pas sur d’avoir eut ça partout).
Les élèves qui devront donc être pris en soutien sont les cas les plus graves (vous me suivez). Bien évidemment 33 pour le soutien en français c’est trop important, on ne pourra donc pas tous les prendre (il y a déjà des sacrifiers). Je continu mon développement. environ une dizaine d’élèves se retrouvent donc sans soutien et quoiqu’il arrive vont s’effondrer. Les autres….advienne que pourra!!
Parmi les élèves moyens, certains vont réussir à suivre d’autres vont lâcher la bride. Le professeur devant des classes ayant un faible niveau diminue évidemment ses exigences (autant qu’il le peut), les élèves bons deviennent très bons et les très bons s’ennuient mais ne voient pas ce qu’ils pourraient assimiler normalement au même moment. Dès la 6ème il va y avoir un souci pour plus d’élèves qu’on aurait pu le prévoir.

Intéressons nous au cas maintenant de l’élève gentil mais en très grandes difficultés et ayant des difficultés d’apprentissage (ouais je sais je charge, mais ceux qui enseignent comme moi au collège savent qu’il y en a un paquet). Pour lui le soutien de français n’a eut aucun effet si ce n’est pour lui de le maintenir un peu en confiance malgré ses très mauvais résultats. Pour lui le passage est quasi obligatoire à moins que le professeur principal réussisse à monter un dossier de SEGPA avec l’autorisation des parents. Sinon cet élève arrive donc avec toutes ses difficultés en 5ème où malheureusement pour lui il n’y a plus de soutien (en français) et où ça ne va pas s’arranger. Suite à l’enchainement des mauvais résultats voir des très mauvais résultats l’enfant perd peu à peu confiance en lui. Nous même professeurs ne sommes pas forcément tendre avec lui et enfin au conseil de classe ses oreilles ont de quoi siffler. En fonction des caractères des élèves, de la politique de l’établissement et des parents, l’élève deviendra plus ou moins rapidement pénible mais toujours attachant. Son passage en quatrième lui est assuré par ses très mauvais résultats alors pourquoi encourager les autres à travailler plus (vous suivez mon raisonnement). En 4ème, l’adolescence aidant, cet élève commence à devenir franchement désagréable, conteste ce que vous dites, le travail que vous donnez et trouve même du soutien auprès de ses camarades (puisqu’il n’a plus vraiment le soutien des adultes). Il passe en 3ème et ne fera pas grand chose des cours, son orientation est maintenant bien plus qu’incertaine. Il sortira très certainement du système scolaire en ayant un peu la rage envers la société et les profs. Nous, professeurs auront bien malgré nous contribué à cette violence institutionnelle.

Comment pouvons nous faire pour empêcher cela?
Il y a de très nombreuses solutions pour endiguer ce mal.
D’abord il faut arrêter d’envoyer les élèves de primaire à l’abattoir au collège. Il faut qu’ils aient les compétences requises pour y accéder. Pour ce faire il suffit de faire passer les évaluations français et math à la fin du CM2 pour savoir si oui ou non ils ont les compétences. Au vu des résultats on s’organise en fonction de ce qui est possible dans la région (le département, la ville, les établissements). Il faut être pragmatique d’une part et innovant d’autre part. Ca veut dire quoi?? Ca veut tout simplement dire que soit on créé des classes particulières entre CM2 et 6ème pour remettre à niveau ceux qui en ont besoin et ce avec des professeurs des écoles et des professeurs de collège, soit on organise avant la rentrée des groupes de soutiens en 6ème (nombreux) soit on fait redoubler leur CM2 à ces élèves. C’est une première chose toute simple qui sauvera beaucoup d’élèves et permettra d’avoir sans doute de meilleurs conditions pour travailler en classe.

Il faut qu’au collège le soutien, l’aide au devoirs et autres soit institutionnalisé. Il faut également qu’il apparaissent dans les heures des profs s’il faut car si on laisse cela au volontariat, le risque est de retrouver les profs qui ne sont intéressés que par la rémunération des heures sup.
Si le soutien apparait dans les heures face aux élèves alors on touche au décret et là les syndicats se réveillent. Moi aussi je vois d’un mauvais oeil de toucher à notre statut, mais encore une fois il faut faire preuve de pragmatisme, les parents rentrent tard, les élèves ne font pas leur devoirs, n’apprennent pas leur leçons…Il faut donc bien que ce travail soit fait et si cela doit passer par le travail avec un prof c’est tant mieux.
Bien évidemment, s’il venait à être décidé de nous passer aux 35h alors il faudrait prendre en compte ces heures là et les heures de préparation de cours, nous devrions donc avoir moins de classe, plus de profs donc plus d’adultes donc un meilleur suivi de nos élèves et une meilleur rémunération.

Sauf que changement de statut, meilleure rémunération, plus de profs ne permettent ni au gouvernement ni aux syndicats de s’entendre. Et là paf immobilisme.

Il existe d’autres solutions plus rusées, mais d’autres solutions tout de même. Il suffit d’envoyer les enfant de 14 ans en pré-apprentissage. Cela en choque certains et en ravi d’autres, le problème est complexe encore une fois, faire travailler un enfant de 14 ans aux rythmes des adultes comme c’est bien souvent le cas n’est pas envisageable moralement parlant. Laisser un enfant souffrir à l’école ne l’est pas non plus.
Encore une fois cela nous mène droit au blocage.

Il y a bien les 4ème techno et les 3ème techno qui existaient à mon époque et qui ont permis « d’épurer » ,si je puis me permettre le terme, les classes à l’époque où j’étais collégien. Mes camarades parti dans ces filières là en sont plutôt content aujourd’hui. Elles avaient un double avantage, celui de faire partir les élèves qui posaient problèmes dans des filières où la pratique dominait et leur permettait de s’exprimer de bien meilleure manière, de reprendre confiance en eux et de trouver une orientation adaptée. Mais ces filières on été supprimées!!!

Il reste une dernière solution laisser l’école en l’état et envoyer tous les élèves au lycée. Certains élève présent là-bas n’ont déjà pas le niveau requit. Dans certaines facultés, on trouve même des cours de rattrapage pour le français. La situation est alarmante oui mais pas désespéré si les uns comme les autres décidons de prendre des décisions touchant au bon sens.

J’ai encore quelques explications qui vont suivre cette petite réflexion sur l’école (3 ou 4 posts encore).

Mais pour le moment je vais me regarder un film.

Mais attention ce flim n’est pas un flim sur le cyclims.

Par Fremen10

~ par bioprof sur mai 17, 2007.

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