Petite réflexion sur l’école (suite)

Je vous avais promis de revenir sur le sujet, je le fais donc.
Ce qui ne marche pas, ne marche plus n’a peut être réellement jamais marché.

Je vous ai parlé du collège unique, des disparités et de l’exclusion qui en résultait. Ce problème résulte à la fois des problèmes économiques et sociaux et du système éducatif français tel qu’il existe et tel qu’il est pensé. Peut on le penser autrement c’est un peu cela le véritable enjeux.

Pour penser l’école autrement, il faut bien évidemment changer les têtes pensantes et réfléchir aux méthodes jusqu’à présent utilisées.

L’IUFM, la formation des professeurs des écoles et des professeurs du secondaire.
Avant de descendre en flamme l’IUFM, matière dans laquelle j’excelle, il serait bon de revenir sur notre propre formation, nos propres motivations, nos propres orientations, nous enseignants.

Dans mes souvenirs, mon envie de devenir professeur vient d’un profond plaisir d’apprendre, de savoir et de me faire transmettre des connaissances. Je ne parle pas de me mettre en activité comme nous le faisons aujourd’hui avec nos élèves, mais d’un véritable moment où le savoir est censé se déverser en vous. Peut être n’avez vous pas vécu ce moment… Je le regrette pour vous. En tous les cas j’ai le souvenir d’avoir aimé l’école, de m’y être aussi ennuyé et enfin d’avoir acquis une conscience citoyenne un état d’esprit, de m’y être construit. Il semble d’ailleurs que ce soit son but.. à cette école que j’ai tant chéri. L’amour des sciences, de la nature et l’envie d’enseigner m’ont conduit à la faculté.

Là j’ai eu ce que je souhaitais, c’est-à-dire, une transmission pure de connaissances. C’est dur à avaler quand vous venez d’un milieu ouvrier en fait. Ce n’était pas le vécu d’élève, le vécu de personne. Je n’avais pas voyager comme mes camarades, je n’avais pas leurs lectures, leur culture…il ma fallut acquérir plus vite tout cela.

C’est cette école là qui m’a donnée ma chance, c’est elle qui m’a fait m’élever (dans tous les sens du terme) et ce n’est pourtant plus celle dans laquelle j’évolue. J’ai acquis un savoir, je l’ai approfondi, spécialisé. On nous à même dit que nous étions la crème des étudiants. Il y avait une signification à toutes les difficultés surmontées.

Il a fallut passer un concours sur des connaissances pures. Une sélection drastique à l’écrit, une autre à l’orale. Il a fallut trimer pour ce concours. A aucun moment dans ma formation universitaire, on ne m’a demandé d’être pédagogue, d’encadrer des enfants, d’aller à l’école faire un stage. Il a fallut attendre l’IUFM et l’année de formation pour cela.

L’IUFM, qu’est-ce que c’est?

C’est un endroit ou règne la cooptation et la même vision de l’école. Une vision héritée en grande partie de Meirieux, je ne dirais pas qu’il a dit que des conneries mais bon il en a dit pas mal tout de même.

Vous commencez l’année avant même d’avoir eu votre premier cours à l’IUFM qui tout compte fait n’en ai pas un et n’en sera jamais un. Après tout, à chaque fois que vous posez une question on vous répond qu’il n’y a pas de réponse toute faite, pas de recette. C’est faux, il y a des réponses, il y a des recettes. Celles-ci doivent bien évidemment être adaptées au profil de chacun et aux situations que vous rencontrez mais elles existent.

On vous parle de pédagogies différenciées, d’émergences des conceptions initiales, de pédagogie de problème. Tout cela pour vous dire et vous faire comprendre que ce sont vos élèves qui doivent redécouvrir grâce aux activités que vous proposez les grandes découvertes de nos plus éminents chercheurs. On appel cela le constructivisme. Quelle belle connerie!! Non pas que ce ne soit pas exploitable, c’est juste qu’il n’est pas possible de l’utiliser à tout bout de chant et que ce n’est pas ce dont ont besoin les enfants en grande majorité. Beaucoup croient qu’ils vont recevoir du savoir en venant à l’école. Au contraire on leur demande de le construire, quelle désillusion même s’ils ne savent pas l’exprimer.

Faisons de l’IUFM un réel lieu de formation. Un véritable accompagnement, des situations diverses. Faisons en sorte que les stagiaires présents aient déjà eu le contact avec des élèves, déjà promulgué quelques cours. Qu’ils sachent si cela leur plait ou non!!

L’école c’était mieux avant.

Je ne suis pas comme Mr Brighelli qui pense qu’il faut revenir à l’école d’avant. Les lectures des agrégés de littératures ne sont pas les miennes, certes, ce n’est pourtant pas pour cela que je lis moins et que les miennes soient vides de sens. L’école doit s’adapter à son temps. Et elle doit permettre de l’apprivoiser. Pour cela toutes les méthodes peuvent être testées, utilisées, imaginées…il faut rester pragmatique je vous l’ai dit.
Il faut par exemple faire le constat que la méthode globale a été la pire expérience pédagogique de ces dernières années. La méthode du B-A BA semble donc la plus probante. Il aurait pourtant été facile en écoutant les spécialistes du cerveau de s’en rendre compte. La construction d’un langage nécessite de décoder tous les signes qui le compose (pour nous, ces signes ce sont les lettres), il faut donc maitriser l’alphabet. Ensuite la mémoire une fois entrainée reconnait facilement ces lettres. Le travail restant est celui de l’association des sons, puis le sens des mots que vous construisez. Cela vous semble simple, ça l’est et pour le cerveau aussi.
Maintenant si vous apprenez les mot « mise », « érable », « sable » , »table » et qu’on vous donne le mot « misérable » saurez vous le décrypter, c’est plus dur, ça l’est également pour le cerveau, lui ne va utiliser que les mots « mise » et « érable », pour lui « misérable » n’a pas réellement de sens.

De plus il m’est faicle de lire cette prhase alros que la plapurt des lettres snot dnas le déosdre. La mémoire intervient ici facilement car vous connaissez ces mots. Si vous deviez réaliser l’association comme pour la méthode globale cela serait-il si facile? Enfin bon j’arrête ici la petite démonstration.

Maintenant, il faut s’attacher à autre chose. Notre monde change très vite (il évolue de plus en plus en vite), la société a changé, les élèves ont changé. Utiliser les mêmes méthodes qu’il y a 15 ans c’est s’exposer à l’échec, négliger ces méthodes c’est également s’exposer à l’échec. Ne pas réfléchir à ce que nous ont pondu les néo-pédagogues c’est aussi tourner le dos à certaines choses intéressantes. Ce que veulent les enfants, c’est un réel enseignement, savoir des choses, et parfois y participer. C’est étrange ça ressemble étrangement à ce que moi j’ai vécu. Pourquoi cela ne marche-t-il pas alors? Pourquoi sommes nous si en colère après nos élèves? Les traitant très souvent de fainéants.

Une première piste de réflexion m’a semblé évidente lorsque plusieurs fois j’ai constaté un niveau supérieur chez des enfants venant d’autres régions que la région parisienne. L’endroit où vous évoluez influence votre ouverture d’esprit, votre capacité à travailler, à vous investir, à vous intéresser. Les endroits déshumanisés comme la région parisienne ne contribue pas à cela, les zones péri-urbaines non plus.

La seconde chose et non des moindres, ce sont les médias. Je parle de la télé qui distille de la médiocrité à longueur de temps, de l’internet qui vous donne la sensation de tout pouvoir savoir, du règne de la com’ ainsi propulsée. L’ère de la com’ est accompagné de l’ère de l’apparence. Les deux font bon ménage et véhicule le vide, vide de sens, vide de matière, le vide quoi. De l’air! Traitez moi de réactionnaire!! J’ai de plus en plus l’impression d’en être un!!

Encore une fois il ne faut pas dire c’était mieux avant, mais accompagner notre temps, redonner du contenu à ce qu’ils voient à la télé (parfois la télé publique fait de réelles efforts), les aider à mieux se servir d’internet comme sources d’information mais également d’eux mêmes apprivoiser l’outil pour distiller leur propres informations. Leur faire entrevoir le monde dans lequel ils vivent, autrement. Utiliser nous-même la com’ à nos fin. Associons là à autre chose qu’à des apparences. La pédagogie de projet semble dans de nombreux cas une réelle alternative au désintéressement. Les fournir en culture générale, en anecdotes, petites histoires.

Sur leur comportement, nous le savons ils sont aujourd’hui plus insolent, plus revendicatifs de leurs droits sans s’en appliquer les devoirs. Ne serait-il pas possible que de réelles sanctions soient appliquées, que les élèves vraiment perturbateurs intègrent d’autres structures plus adaptées comme des internats, qu’ils soient coupés de leurs fréquentations? N’est-il pas possible d’appliquer les mêmes règles pour tout le monde au lieu de privilégier la sacrosainte individualisation de la peine qui ne fait ressentir que l’injustice pour de très nombreux élèves? Serait-il possible que les directives données par le ministère de l’éducation et les rectorats ne conduisent pas au délitement de l’école? Serait-il possible que nous réfléchissions tous à ce que nous pouvons faire pour l’école?

Ce que j’ai voulu dire ici c’est que même si la société a évolué, même si les enfants ont changé, ces derniers ont les mêmes aspirations que nous, avoir un métier, une maison, une famille, des amis, savoir des choses. L’école doit bien pouvoir leur permettre d’accéder à cela. C’est donc à nous adultes responsables de trouver les outils indispensables, en tenant compte de ce qui marche, de ce qui ne marche pas, de ce qu’il faut pour un enfant, de ce que nous avons aimé enfants, de ce qu’il leur faudra pour l’avenir. Pour cela il faut réellement laisser le temps au professeurs de se former (commencer à la fac, continuer avec un réel accompagnement une fois le concours en poche) et le laisser libre d’entreprendre des expériences pédagogiques diverses, d’évaluer les résultats de ses méthodes et d’en tirer des conclusions. C’est une démarche scientifique et pragmatique. On garde ce qui marche, on met de coté ce qui ne marche pas.

Après tout, la vie n’est qu’une succession d’essai-erreur.

A plus tard.

par Fremen10

~ par bioprof sur mai 22, 2007.

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