OGM : Il est temps d’éclaircir les choses.

Cher lectrice, cher lecteur,

Suite à l’annonce de M. Sarkozy le 8 janvier dernier d’être prêt à recourir à la clause de sauvegarde sur les OGM en cas de doutes sérieux je me suis décidé à réaliser un billet plus complet que celui écrit il y a presqu’un an déjà, et dans lequel j’avais mis un lien vers la vidéo de canal+ diffusée en 2005 et montrant des résultats plutôt inquiètant concernant le MON810.

La clause de sauvegarde permettrait de suspendre l’autorisation de culture commerciale du MON810. Rappelons que José Bové et une quinzaine d’autres militants anti-OGM ont entamé le 3 janvier une grève de la faim pour obtenir le déclenchement de cette clause de sauvegarde au nom du principe de précaution.

Il est nécesaire de rappeler qu’un OGM est un organisme (microbes, végétaux, animaux) dont le patrimoine génétique a été modifié par l’Homme. Il y a pu avoir ajout, suppression ou modification d’au moins un gène. L’organisme obtenu est alors appelé organisme transgénique.

Il est également nécessaire de définir les différents OGM :

  1. Il y a d’abord les OGM utilisés dans la recherche fondamentale.
    1. On insère un gène dans un organisme (une bactérie par exemple) et on regarde le résultat. On recherche une fonction.
    2. On peut également mettre au point des organismes dans lesquels on a détruit un gène et on observe quelle fonction est atteinte.

    Dans un cas comme dans l’autre il s’agit bien d’OGM puisqu’on a modifié le génome de l’organisme soit en y ajoutant un gène soit en le supprimant.

  2. Il y a ensuite les OGM utilisés en médecine.
    1. Soit pour faire synthétiser une protéine d’intérêt que ne sécrète pas (ou plus) certaines personnes: c’est le cas pour l’insuline.
    2. Soit pour faire synthétiser une molécule déclenchant une réaction de défense de l’organisme dans le cas de la réalisation de vaccins.

    Dans les deux cas, il s’agit de véritables productions industrielles durant lesquelles des bactéries sont modifiées, mises à se multiplier et enfin détruites pour récupérer la substance désirée.

  3. Il y a enfin les OGM dans l’agroalimentaire et c’est précisément là que le problème se pose.
    1. Il y a les plantes génétiquement modifiées (PGM) qui possèdent un gène pour produire un insecticide.
    2. Il y a les PGM qui possèdent un gène pour résister aux herbicides (roundup de Monsanto par exemple).
    3. Il y a enfin les PGM qui produisent des éléments nutritifs supplémentaires comme le riz dorée ou golden rice.

    Dans chacun de ces trois cas la plante est ensuite mangé que ce soit par l’homme où les animaux et c’est là que se situe le problème. Il n’est plus question d’extraire la substance d’intérêt mais de la faire absorber et par la même occasion le roundup accumulé par la plante résistante.

Cette vidéo vous permettra d’y voir plus clair :

Une fois qu’on est au point sur le sujet on peut donc commencer à parler des problèmes que soulèvent ces OGM à différents niveaux :

  • Il y a tout d’abord au niveau sanitaire, c’est celui qui me semble le plus important en premier lieu. C’est là qu’intervient l’étude sur le MON810.
    1. Les études semblent montrer des anomalies chez les rats. Qu’en est-il pour l’Homme?
    2. On ne sait pas à long termes ce que sont les effets de telles plantes. Il n’y a aucune étude disponible sur ce sujet.
  • Il y a ensuite le niveau économique et l’exploitation en plein champs.
    1. L’utilisation de semences génétiquement modifiées à un coût et provoque en Inde par exemple l’endettement et le suicide des paysans.
    2. En argentine l’économie prend le pas sur la santé public et l’environnement. Les coupables sont le glyphosate et autres substances contenues dans le roundup.
    3. Aux USA l’exploitation en plein champs a conduit à la contamination des parcelles Non-OGM et à la ruine de certains agriculteurs.

En Argentine:

Aux USA:

Pour avoir quelques connaissances en palynologie (étude des pollens) il me semble évident qu’à partir du moment où on travail sur des OGM, ceux-ci devraient rester sous serres. C’est une précaution essentielle car il est impossible de déterminer exactement la dispersion des pollens et notamment celui de colza. En effet, la dispersion est dépendante de nombreux facteurs, comme le vent, les insectes ainsi que transport de la plante. Des allées séparant les parcelles ne sont pas un frein à la dispersion même si elles permettent de l’atténuer. Etude chez le colza. A mon humble avis il serait plus intelligent d’utiliser des modélisations informatiques en rentrant dans la machine les différents paramètres.

  • Enfin il y a la tentative par certaines grandes firmes de s’accaparer le vivant en brevetant des séquences ADN qui appartiennent à l’humanité.

Il me semble important de dire qu’un brevet est normalement déposé pour protéger un principe. Ce brevet permet à celui qui le dépose de faire valoir le fait qu’il est celui qui à mis au point ce principe par exemple le moteur à explosion et non pas le fait que l’essence pouvait s’enflammer.

Ce sont tous ces problèmes que soulèvent les OGM et il est donc nécessaire de prendre son temps avant de basculer dans une direction dont nous ne pourrions pas revenir et il est également nécessaire de ne pas céder à la pression de la FNSEA qui réalise actuellement une véritable action de lobbying.

Par Fremen10

~ par bioprof sur janvier 13, 2008.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :