J’ai glissé chef…

Gifle

Chères lectrices, chers lecteurs,

vous remarquerez tout d’abord l’acquisition du pluriel…

Je tente de détendre l’atmosphère car j’ai longtemps hésité avant d’écrire ce billet. Finalement je me suis dit qu’il pouvait, peut être, être utile. Vous seuls me le direz!!

Cette scène inspirée parfaitement d’un fait réel se passe lundi alors que j’accueil le groupe B d’une classe de 4ème molle à en mourir (bien que je sois encore vivant). Le fait quelle soit molle joue un rôle important car cela implique de ma part un investissement physique très important durant la séance pour lui donner du rythme. Vu les injonctions de leur professeur principal concernant l’attitude à avoir en classe et leurs droits et devoirs d’élève, je décidais de mettre la main à la pâte en changeant de place certains individus non productifs (et ce depuis le début de l’année). Cela ne leur en déplaise ils ont adopté de nouvelles positions stratégiques au sein de la salle de classe. Je me suis également reconverti dans la réalisation de couples improbables.

Tout aurait pu être merveilleux si au bout d’une minute l’un des déplacés ne fut pas retourné alors que je récupérais les devoirs maisons. Etant à proximité du dit déplacé j’eu un geste d’agacement malheureux conduisant ma main à rencontrer les parties molles de son visage. Mon geste réflexe n’avait à l’origine pour but que de lui mettre ce que j’appelle communément un taquet, une tape, une taloche derrière la tête afin de le faire se retourner. Malheureusement, le bougre était totalement retourné et a eu le droit à un ragoût de phalanges dans la figure (mais peu violent le ragoût).

L’élève a alors blémi me laissant penser que ce geste pouvait être bien plus que malheureux. Il est bien entendu que dans une telle situation aucun des deux protagonistes ne peut perdre la face, que ce soit le professeur (moi en l’occurence) qui a devant lui 50 min de cours ou bien encore l’adolescent prépubère qui se sent humilié devant toute la classe. Je trouvai tout de même une porte de sortie durant la séance après lui avoir tendu une subtile embuscade :

L e prof : « …….. tu vas corriger l’exercice au tableau. »

Le bafoué : « NON j’irais pas. »

Le prof : « …… ton carnet s’il te plait. »

Hop récupération du carnet, dégagement d’un possible moment d’échange en fin de cours. J’ai pu effectivement parlé avec lui à la fin de la séance mais il n’était visiblement pas réceptif et s’est contenté de vibrer… trembler. Je lui ai simplement présenté mes excuses en lui disant que je n’avais effectivement pas à lui mettre la main dans la figure et lui ai fait remarquer qu’il avait fallu ça en début d’heure pour qu’il prenne correctement son cours et le suive normalement, choses qu’il n’avait pas faites depuis septembre. Puis il s’en est allé…

Pas très loin, car il est allé voire une des surveillantes pour lui demander si les profs avaient le droit de taper les élèves. Si jamais le doute subsistait dans son esprit, il fut balayer avec la réponse de la dite surveillante. Elle finit par le faire parler et lui conseilla puisqu’il ne semblait pas se calmer d’aller en parler à la principale, ce qu’il fit et je ne lui en tiens pas rigueur.

J ‘ai vu ma principale pour qui l’expression « J’ai glissé chef… » n’aurait certainement pas convenu et lui est expliqué clairement ce qu’il s’était passé et que j’avais également remarqué que mon déplacé avait été visiblement très marqué par l’incident. Elle me confirma que plus que la main dans la figure la situation l’avait véritablement mise à mal. On a convenu de voir avec elle le jeune homme et ses parents pour pouvoir en parler. D’un point de vue objectif il me semble qu’il aurait peut être été préférable de laisser le choix à mon triste zigoto de la présence ou non de ses parents… enfin bon pour moi ça ne change rien.

Ce qui est dommage dans cette histoire c’est qu’il m’est déjà arrivé d’avoir envie de foutre un baigne à un chieur sans que cela n’arrive et là alors qu’il n’est pas foncièrement désagréable PAF il en prend une dans un moment d’agacement alors que j’étais super zen et que je suis resté zen toute l’heure. C’est cette fameuse petite tape sur le haut du crâne, réflexe tacitement entendu entre de nombreux professeurs et leurs élèves pour les faire se remettre au travail, se taire ou se retourner, qui m’a mise dedans.

Enfin bon voilà pour cette petite tranche de vie.

Par Fremen10

~ par bioprof sur janvier 30, 2008.

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