Voilà c’est fini…

Chères lectrices, chers lecteurs

C’est avec un peu de nostalgie que je vais te parler du vendredi 22 février 2008, veille des vacances d’hiver.

Hier matin débutait à 8h (horaire professeur), les oraux de stage de nos chers 3ème. Plusieurs jurys et pour chacun de ces jurys une quinzaine d’élève sauf pour le Jury 1 dont je faisais parti avec mes collègues de l’option EMD (Entreprises et métiers de demain). Nous avions en effet nos 18 élèves d’EMD à évaluer. Pour nous assister dans le questionnement et la délibération nous avions avec nous une personne de l’association « Ecole et vie locale ». Il s’agissait d’un jeune retraité qui nous a apporté un point de vue différent du notre et très enrichissant (aussi bien pour nous que pour les élèves).

8h15 : Notre première candidate se présente pour nous parler de son stage en classe CLIS (élèves ayant toutes sortes de handicap). Les conseils ont été suivi, l’élocution est claire, adaptée et correspond aux attentes. La présentation est structurée et appuyée par un diaporama cohérent. C’est une bonne note assurée. Je lui offre une pêtite douceur à la fin de son oral. J’ai pour l’occasion ramené une boite de caramel au beurre salé. Chacun de nos candidats aura le droit à sa friandise.

Les élèves se suivent pour le meilleur et pour le pire. Ils sont tous habillés pour l’occasion et on pris très au sérieux cette épreuve. Nous sommes globalement satisfait de leurs prestations. A 13h nous terminons avec les quinze premiers élèves et décalons les 3 derniers de 45 minutes. Nous sommes tellement emballés par ce dispositif et les élèves répondant aux questions de façon véritablement intelligente nous avon été poussé à aller chercher toujours un peu plus loin.

Durant le court repas nous avons pu discuter avec la personne de l’association « Ecole et vie locale ». Celui-ci nous explique qu’il a été amené à se déplacer dans plusieurs établissement de la région et qu’il ressent vraiment que nos élèes possèdent une maturité qu’il n’a  pas vu autre part. Il est enthousiasmé par le niveau global. Pour mon dernier jour dans cet établissement je prends la mesure de ce qu’il nous livre là, à l’état brute.

J’ai rendez-vous à 15h avec la principale de l’établissement dans lequel j’exercerai à la rentrée. Je ne peux donc assisté aux derniers oraux. Je n’en ferais qu’un sur les trois. En partant, les élèves qui attendaient dans le couloir pour passer me demande ce que je fais. Je leur explique alors que j’ai rendez-vous avec la principale de mon nouvel établissement. Je vois dans leur yeux de la déception. La demoiselle réalise que je ne serais pas là à la rentrée, elle est triste, moi aussi. Je ne veux cependant pas leur montrer. Ils doivent passer leur oral et puis nous nous reverrons peut être.

Je prend la voiture et file au rendez vous. Premier entretien courtois avec ma nouvelle principale. Pour moi aussi c’est un passage à l’oral. Après cet entretien, j’attends la collègue que je remplacerais. 15h50 : LA sonnerie sonne (désolé), je discute avec elle, on s’échange les adresses. J’ai son emploi du temps. J’ai les 4 niveaux, je suis professeur principal d’une sixième (j’aime pas les 6eme), je bosse sur le projet de découverte professionnelle 3h mais cette fois je suis rémunéré. J’accompagne ma collègue prendre ces élèves, o,n monte dans sa salle, je les observe s’installer, je récupère les logiciels pour le TNI, puis leur souhaite de bien travailler, de bonnes vacances. Nous nous verrons à la rentrée.

A présent, je dois rentrer à mon ancien collège (le mot me déchire le coeur) vider ma salle, mon casier et rendre mon Bip et mes clés. Je discute un dernier moment avec ma principale. Elle me rapporte les mêmes propos de la personne d' »école et vie locale » sur la maturité de nos élèves. Elle revient sur nos exigences élevés.. Je lui réponds que c’est sans doute le revers de la médaille que de leur demander beaucoup.

J’ai beaucoup réfléchi à ce sujet. Nos élèves sont très responsabilisés, nous sommes très exigeants vis à vis d’eux, les échanges sont nombreux, ils nous font confiance et écoute nos conseils. Ce sont de petits adultes. Est-ce bien ou pas? La question se pose. Leur innocence n’est que de courte durée mais le monde auquel nous les préparons n’est plus celui qui l’a été. C’est un monde dur et complexe auquel ils devront faire face. Je repense à tous ces échanges avec les élèves, leurs joies, leurs déceptions, la volonté de vous faire plaisir et nous et nos exigences. J’ai repensé à ça sur la route qui me ramenait chez moi.

Aujourd’hui je suis triste. Je me rends compte de la chance que j’ai eu d’avoir de tels élèves. Ces moments particuliers d’échanges vont me manquer. Les petits pics, les réprimandes, les colères et ces élèves à votre écoute. Je sais à présent qu’ils vont beaucoup me manquer. Ce départ est un déchirement mais à la rentrée je devrais reprendre avec d’autres sur un rythme encore plus endiablé. Telle est la voie du TZR de banlieue.

A tous mes élèves (même les pénibles) je dis merci!!

Par Fremen10

~ par bioprof sur février 23, 2008.

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