Mais où est la gerbille?

Chères lectrices, chers lecteurs

Imaginez vous un lundi matin de semaine A avec une classe de 4ème. Il est important de préciser pour les personnes qui ne le sauraient pas déjà que c’est sans doute le pire niveau au collège. Le pire niveau à cause de la fameuse crise d’adolescence de ces chères têtes blondes, brunes, rousses, rasées, crêtées, mais peu remplies. Imaginez des garçons aussi bébé qu’ils peuvent l’être en 6ème mais sans la peur, une immaturité dotée d’une inconscience sans borne qui les mènent souvent au bord du gouffre. Attardons nous sur le sexe féminin pour constater que les demoiselles (pas toutes heureusement) sont à présent sous perfusion d’hormones.

Vous avez désormais un cocktail détonnant d’imbéciles heureux et de demoiselles en mode pétasse en quête de la reconnaissance d’un mâle ayant si possible deux fois leur age. Bien entendu je ne vous parle pas des soucis de respect de l’autorité. Dans ces cas là, le cri primaire droit dans leurs oreilles est la seule véritable solution pour retrouver un semblant de sérénité (gna?).

Ceci étant dit, il est maintenant important d’expliquer à quoi peut ressembler la salle d’un professeur de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT pour les intimes). Imaginez de belles paillasses avec une rangée de cinq tables de deux personnes sur ma gauche et une autre de quatre personnes sur ma droite. A chaque table vous retrouvez un sympathique robinet qui justifie la présence de deux rouleaux de papier dans la salle. Au fond de cette salle vous trouvez une cage contenant une gerbille (le héros de notre histoire), un vivarium avec des phasmes et un autre plus petit avec des ténébrions.

Imaginez un jour de contrôle où un certain nombre d’élèves auraient tellement bien appris leur cours qu’ils auraient fini 15 minutes avant la fin et commenceraient alors à me montrer leur qualité d’expression qu’ils m’avaient jusque là caché. N’écoutant que mon courage je me lance alors dans un cri si primaire que le silence se fit (que c’est agréable).

La sonnerie retenti, fin du contrôle, ramassage des copies, évacuation des élèves en mode larve (il y en a aussi), et hop je pose mon paquet sur mon bureau et profite du fait que j’ai terminé mon seul cours du lundi matin. Je vais pouvoir allez remettre de la nourriture à la gerbille.

Ô stupéfaction quand je vis qu’elle n’était plus là alors que cinq minutes avant elles remuait dans sa cage. Les salopards m’ont volé Speedy (oui c’est son petit nom). Les élèves savent que je n’ai qu’eux le lundi matin (c’est dire si le ou les élèves incriminés sont insouciants) et pourtant ils se sont risqués à cela. Ils ne savent véritablement pas à qui ils ont à faire. Mon plan de vengeance est déjà en route dans ma tête.

Je raconte donc à table ma triste mésaventure et convient avec leur prof d’histoire-géographie et accessoirement d’éducation civique de leur faire quelques rappels sur la peine encourue pour vol. Dans la salle de profs je retrouve leur prof principale et la prof d’EPS qu’ils ont en première heure de l’après-midi. L’expédition punitive se mit alors en route au moment de la sonnerie (sonne alors le glas).

Nous arrivons à trois devant les élèves, l’air très remonté (et mine de rien je le suis tout de même). La prof principale leur fait un petit laïus avant que je puisse passer à l’action et lancer l’ultimatum : La gerbille est à 17h dans ma salle ou bien je vais porter plainte pour vole. Stupéfaction des élèves qui visiblement ne réalisent toujours pas la portée de leur acte. Pour eux c’est finalement assez normal d’emmener la gerbille si on en a envie. Je réitère mon propos et ajoute que je veux pas savoir qui l’a pris mais que je la veux impérativement à 17h. Je n’ai plus qu’à laisser décanter et prendre mes élèves. Je sais en plus qu’après leur cour d’EPS ils seront sous le feu de mon collègue d’histoire-géo. A aucun moment il ne m’est venu l’idée d’aller en parler à notre CPE qui passe son temps à téléphoner dans le sud pour suivre la construction de ces divers projets immobilier. En fait dans mon nouvel établissement la vie scolaire est inexistante, je ne vois jamais la principale et je n’entends jamais parler de sanction… il faut donc trouver des solutions alternatives!!

L’après midi s’est passée tranquillement et à 17h j’ai vu débarqué 6 élèves me ramenant la gerbille dans une boite à chaussure. Ils n’avaient plus qu’à la remettre dans la cage. Ils étaient fières de ramener la gerbille alors je leur ai expliqué qu’ils n’y avait pas là à être fier et que ne pas la prendre aurait sans doute été plus respectable. Enfin bon, elle est revenue c’est déjà ça!!

Depuis, la coupable à été démasquée mais elle a déjà tellement de problèmes que ce n’est pas la peine d’en rajouter (Maxwell qualité filtre). Elle a rendu la gerbille c’est le principal.

Par fremen10

~ par bioprof sur avril 20, 2008.

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