Lectures trimestrielles #5

Photo de la ville de Tolède (Auteur : David Iliff)

Ami(e)s de l’art de se trouver ailleurs que dans la pièce où l’on s’est assis je vous salue bien bas.

J’ai rattrapé mon retard dans la lecture ainsi que dans la publication des courtes chroniques trimestrielles, sans pour autant négliger d’autres travaux de rédaction, parfois plus sérieux, parfois plus légers.

Ce trimestre a été plus propice à une diversification de mes lectures, salon du livre oblige. Vous savez tous, si vous aimez lire, avec quelle avidité on se jette sur ces pages fraiches dernièrement reliées entre elles et imprimées d’une encre dont l’odeur contribue aux préliminaires d’un voyage dont chacune des escales ne sont que les prémices d’un prochain départ. A votre guise, il est possible de voyager dans le temps ou dans d’autres mondes et d’autres réalités. La lecture c’est l’abandon de soi dans un espace de lieu et de temps qui n’appartient qu’à vous alors n’hésitez pas!!

Le Robot qui rêvait d’Asimov

Il s’agit d’un recueil de nouvelles aussi différentes qu’elles sont intéressantes pour mettre en évidence ce que sont les prémices de l’histoire de l’univers développer au travers du cycle des robots et de celui de Fondation.
On y retrouve les balbutiement d’une science fondé sur les statistiques mathématiques et la sociologie. Les comportements de chacun sont ramenés à la perception qu’ils ont d’eux-mêmes ou des autres et comment ils interagissent avec ceux-là.
Toutes les histoires ne sont pas extraordinaires mais elles sont la preuve du cheminement intellectuel d’Asimov et de l’univers qu’il tenta de développer tout au long de sa vie. Les principales histoires ne traitent d’ailleurs pas forcément des Robots.

Un recueil assez inégal qui s’adresse avant tout aux fondus d’Asimov.

Le cycle des Robots d’Asimov

Tome IV : Face aux feux du soleil :

Ce roman incorpore les éléments indispensables que sont les robots, les spaciens, le voyage spatiale et le peuplement des planètes extra-terrestres. Celle qui nous intéresse ici est la planète Solaria, qui n’est évidemment pas inconnue des lecteurs du cycle de fondation, et sur laquelle les spaciens, ces colonisateurs d’un nouveau genre, ont adoptés un mode vie assez déroutant voir inhumain à nos yeux et à celui de notre héros j’ai nommé le très célèbre détective Elijah Baley. Comme pour le tome précédent celui-ci va se retrouver assisté par Daneel R. Olivaw dans ce monde extravagant où la population est de 20 000 personnes et dans lequel 200 000 000 de robots y sont utilisés  pour répondre aux nécessités individualistes de chacun.

Je disais 20000, j’aurais dû dire 19999 car si nos deux héros se retrouvent en Terre Solarienne c’est bien parce qu’un crime a été commis et qu’ils semblent les seuls à même de mener l’enquête et de résoudre l’énigme de ce crime.

Dans son roman, Asimov s’est servi du cadre d’un univers qu’il connaissait pour s’atteler à un de ses styles favoris, l’enquête policière sous la forme d’énigme et qu’il développera ensuite dans des ouvrages dédiés à ce style. Comme à l’habitude ce livre se lit très facilement et procure un très bon moment de littérature n’en déplaise aux intégristes.

Le maître du haut château de Philip K. Dick :

En 1947, les alliés devaient s’incliner devant les forces de l’Axe (Allemagne, Italie et Japon). Suite à cette défaite les nazies envahissaient l’Est des USA laissant la partie Ouest aux Nippons. Tandis que l’Est souffrait de la tyrannie l’Ouest se développait tant bien que mal dans une soumission aux institutions japonaises.

Seulement voilà, le dernier chancelier est mort en Allemagne et Goebbels et Heydrich  se disputent en sous-main la reprise de l’état nazi. Inévitablement un complot ourdit « Mais de qui contre qui? » voilà la question. Au même moment le Yi-King décide de l’avenir d’autres protagonistes qui chacun leur tour auront un rôle à jouer dans cette grande histoire. Un ouvrier, un marchand d’antiquité, une femme un peu perturbée, un agent secret, non, deux en fait. Et alors que tout le monde consulte l’oracle, un autre livre circule racontant la victoire des alliés et la montée de la domination de la Grande Bretagne et de son leader Churchill. L’homme qui l’a écrit vivrait aux USA reclus dans un château inaccessible. Parce que le pouvoir est en jeu, parce que la représentation de ce pouvoir est instable, parce qu’il n’est pas de domination sans peur il faudra éliminer les gêneurs.

Voilà un ouvrage dont on entend souvent parler comme l’un des plus grands de Dick… Fatalement j’en attendais beaucoup et j’en ai eu trop peu. Trop peu car il est court (un peu plus de 300 pages en édition de poche) et déçu d’une uchronie qui laisse planer un doute mystique. On a beau avoir l’habitude avec Philip K. Dick, concernant l’introduction d’une certaine touche de religiosité voir donc de mysticisme, on aimerait cependant que cela n’intervienne pas quand on touche à la fin. Certains diront qu’il s’agit d’une facilité d’écriture, d’autres de n’importe quoi, d’autres encore d’une véritable ouverture sur le champ des possibles, alors que moi je me contenterais de ne savoir quoi penser tout en me disant que j’ai peut être loupé un truc!!

Le présent du passé (l’actualité de l’histoire de l’Homme) de Yves Coppens

Il s’agit d’un ouvrage regroupant 109 chroniques prononcées sur France Info entre le 14 juillet 2003 et le 15 août 2005. Ces chroniques sont organisées selon la chronologie des faits expliquées et non selon leur date de passage en radio. Il s’agit donc d’un rapide balayage des avancées scientifiques où plutôt devrais-je préciser paléoanthropologiques et archéologiques. De ce fait on se retrouve aux origines de l’Homme, il y a de cela 50 millions d’années lorsqu’il ne s’agit de parler pour l’instant que de l’apparition des premiers primates (famille à laquelle nous appartenons), puis quelques dizaines de millions d’années plus tard des pré-humains. Au fur et à mesure des chroniques nous remontons le temps, voyons apparaître de nouveaux caractères, de nouveaux comportements, une culture, un langage et une histoire. C’est cette grande histoire que nous résume à la lumière de faits d’actualité ce cher Coppens.

Les chroniques sont courtes et accessibles à tous à conditions de fournir un petit effort de concentration. les étudiants en sciences de la vie et de la Terre n’auront que peu de mal à suivre quant aux profs ils leur faudra sans doute remettre à jour quelques connaissances. Pour le non initié il n’y a que peu de pièges si ce n’est quelques termes techniques qu’il est désormais possible de se faire expliquer par le net. On regrettera toutefois qu’il n’y ait pas plus d’illustrations que les seules échelles de temps. Un arbre sur les lignées pré-humaines et humaines avec les principales avancées (lien 1, lien 2, lien 3) auraient pu être ajouté en annexes ainsi qu’un rapide glossaire et quelques cartes paléogéographiques. L’ouvrage se lit rapidement et ne demande pas de connaissances particulières, juste l’envie d’en savoir plus.

Le Nom de la rose d’Umberto Eco

En l’an de grâce 1327, la chrétienté est en crise. L’ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine, entre ciel et terre dans les montagnes d’un territoire incertain entre Provence et Ligurie. Il doit participer à une rencontre entre franciscains (ordre dont il fait partie) prônant la pauvreté du Christ et les partisans d’un pape amateur de richesses. Dès son arrivée, alors qu’il vient de prouver par une déduction des plus fines son talent d’enquêteur, il se voit prié par l’abbé de découvrir au plus vite la raison de la mort violente d’un de ses moines. Guillaume écoutant avec intelligence les propos de l’abbé comprend très vite qu’il a été assassiné. Il ne reste plus qu’à découvrir par qui et comment. Cependant il va falloir faire vite. Vite avant que la réunion n’ait lieu et que l’inquisiteur Bernard Gui, dont la réputation de cruauté n’est plus à faire, et qui accompagne la délégation pontificale, n’arrive à l’abbaye. Tel un ancêtre de Sherlock Holmes, Baskerville se met à l’ouvrage, assisté du jeune Adso de Melk.

Bien vite la tâche de Frère Guillaume va se compliquer, car les morts se succèdent dans l’abbaye qui laissent apparaître des secrets enfouis dont le principal pourrait bien être enfoui dans la tour qui renferme la bibliothèque dans laquelle repose une somme de livre importante source de savoir mais aussi du vice selon certains.

Ce livre est un joyau enchâssé dans une époque trouble qui verra la renaissance lui succéder. Le vénérable Jorge de Borgia est une référence à Jorge Luis Borges, qui fut bibliothécaire, écrivain et qui rédigea entre autres « La bibliothèque de Babel » et « Labyrinthes » et devint très tôt aveugle du fait d’une maladie héréditaire. Adso se voit gratifier d’un « c’est élémentaire » durant l’enquête alors que Guillaume porte un nom qui est célèbre dans la littérature du début du 20ème siècle faisant référence à l’ouvrage « Le chien des Baskerville » écrit par qui d’autre que Arthur Conan Doyle. Le personnage de Guillaume de Baskerville n’a de cesse de faire référence à la raison purement aristotélicienne qui trouve son encrage dans le travail de traduction et d’érudition mené à Tolède qui abritait alors une des plus formidables bibliothèques regroupant des ouvrages en grec, latin, arabe et castillan. Ce livre est à la fois un récit historique, une enquête policière, un livre sur le savoir, un livre sur les livres et un livre sur les idées bonnes et fausses et leur interprétation bonne ou mauvaise, conduisant parfois jusqu’à l’extrême : le meurtre. Depuis « L’empereur Dieu de Dune » de Frank Herbert aucune œuvre ne m’avait autant impressionnée, imprégnée, emballée au point de me donner la franche envie de me remettre au latin (je vais tout de même y réfléchir) et de lire encore plus. Un roman que j’érige sans vergogne au rang de chef-d’œuvre!!

Voilà pour les lectures de Mi-Janvier à Mi-Avril. Il y aura encore quelques surprises pour les prochaines chroniques.

Bonnes lectures à tous.

Par Fremen10

~ par bioprof sur avril 18, 2010.

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