Luc Chatel en rajoute une couche sur le sécuritaire… à l’école.

Ami(e)s du retour à l’embauche matinale,

Alors même que les vacances d’été se terminent et que je me prépare à reprendre de bonne heure et de bonne humeur, je tombe sur un article du Monde reprenant les propos de mon cher ministre de tutelle, le susnommé Luc Chatel, et traitant de la mise en place d’une procédure disciplinaire pour les élèves faisant preuve de violence verbale. Contre qui? Contre quoi? Tout cela ne me paraît pas encore très claire. Le trouble s’accentue quand plus loin dans l’article je tombe sur cette idée d’établissements de réinsertion scolaire créés pour cette rentrée scolaire. Des fois les mecs ils te disent des trucs comme ça, comme si de rien était, que tout peut apparaître dans la seconde. M. Chatel aurait donc une tendance à l’humour décalée…

Toujours est il que cela aurait tendance à laisser penser qu’on ne fait rien à l’école lors de telles situations. Comme ça fait un moment que j’exerce en collège, que j’ai déjà eu à participer a des simples mises au point avec les parents ou encore un certain nombre de conseilles de discipline, je pense avoir la légitimité pour m’exprimer sur ce sujet.

Le mieux est de procéder étape par étape et de réaliser une dichotomie stricte entre les violences verbales envers, le professeur, la principale, un surveillant et plus largement les adultes et celles qui peuvent être exprimées entre élèves.

Les insultes entre élèves sont fréquentes et ne font pas forcément appelle à un contrôle des adultes. L’intervention d’un adulte se fait s’il est présent et qu’il juge correct d’intervenir (ce qui laisse évidemment place à une certaine subjectivité) ou si un enfant vient se plaindre d’insultes répétées et profondément blessantes. Pour exemple dans ma classe j’interviens pour que les élèves se parlent correctement et qu’un climat sécurisant règne afin de travailler dans de bonnes conditions. S’il s’agit d’insultes entre élèves de ma classe (en tant que professeur principal) je peux les prendre à part pour discuter avec eux, essayer de voir ce qui ne va pas et le cas échéant je peux également m’appuyer sur le CPE s’il est compétent. Un problème entre élèves ne restent donc jamais non traité.

Venons en aux violences verbales contre les professeurs car c’est certainement le point auquel pensait Monseigneur monsieur Luc Chatel lorsqu’il parlait de processus disciplinaire enclenché. Plusieurs options s’offre à nous :

1 : Dans le cas d’un prof en délicatesse avec l’autorité, un tantinet irresponsable voir profondément laxiste on peut imaginer qu’il ne dise rien et laisse passer l’orage, auquel cas cela risquera malheureusement de se reproduire dans un proche avenir. Ce cas existe mais je vous rassure tout de suite je n’ai jamais vu plus de deux cas dans un même établissement bon d’accord au pire trois.

2 : Dans le cas d’un prof dit normal voir en bon terme avec ses élèves l’altercation peut se résoudre de plusieurs manière selon le contexte et son intensité.

A : Il est possible de prendre le carnet de l’élève et de le coller et d’avoir à la fin du cours une discussion avec lui.

B : Si l’altercation était assez chaude vous n’aurez pas négligé de l’exclure de cours et la discussion peut avoir lieu après coup soit seul avec lui soit en présence d’un ou d’une CPE voir de votre principal(e). Dans les deux cas une sanction sera appliquée. Une lettre d’excuse peut être envisagée.

C : Dans le cas ou des violences verbales viendraient à se reproduire on passe à la commission d’éducation qui réunie l’élève, le ou les parents de l’élève, les professeurs concernés, le ou la CPE et le principal. Des rapports sont lus faisant état des faits. La sanction à l’issue de cette commission est bien plus importante et peut aller de 3 à 8 jours d’exclusion selon les faits, en interne ou en externe selon l’individu, ses fréquentations dans l’établissement et appliqué dans l’idée de ne surtout pas le satisfaire. La lettre d’excuse est vivement recommandée. Au delà de ça on peut également lui demander de s’impliquer dans son orientation en faisant des lettres de motivation et en s’impliquant dans la recherche d’un stage. Contrairement à ce que laisserait croire certains les punitions ne sont pas souvent bêtes et méchantes. Ces dernières sont souvent réservées pour les élèves bêtes et méchants (je déconne… quoi que…).

D : Dans le cas où les insultes et les propos dépassaient l’entendement et où l’élève n’éprouve aucun remord c’est le conseil de discipline dont la décision est soumise au vote d’un collège d’élu (principal(e), CPE, des profs, des élèves, des parents d’élèves). L’exclusion définitive peut être une des sanctions. Dans ce cas là vous n’avez pas le droit à votre lettre d’excuse.

3 : Dans le cas d’un professeur un peu psychorigide la rencontre avec les parents s’impose après une première mise au point en présence de votre principal(e). La commission d’éducation est immédiatement réclamée après le deuxième fait du genre. Le conseil de discipline est l’étape suivante mais dans le cas présent conduit rarement à l’exclusion de l’élève. Par contre vous aurez certainement le droit à une lettre d’excuse.

J’ai noté dans les commentaires de l’article qu’il était question du comportement et des propos des profs envers les élèves. Comme je ne suis pas avare de bons mots, de moqueries diverses et variées, d’avoinées et de représailles en tout genre je me disais qu’il était bon d’en toucher un mot.

Par mon comportement personnel je m’expose évidemment aux dérapages et je l’assume. Le tout est de reconnaître quand on dérape. Ensuite il y a les dérapages qui n’en sont pas vraiment… j’y reviendrais et enfin les propos qui pris hors contexte pourraient paraître tout simplement monstrueux mais qui pourtant ne blesse personne.

Il y a trois facteurs qui interviennent :

1 : Le climat général de l’établissement, le rapport aux élèves, le principal, vos collègues et les parents d’élèves.

2 : Le contexte dans lequel vous allez déraper.

3 : Les personnes avec qui vous dérapez c’est à dire le ou les élèves concernés.

Passons à la pratique.

Premier cas d’école (c’est le cas de le dire) : Une élève de 3ème que je connais bien me souris et me dis gentiment avec son mignon chuintement quelle n’a pas fait son exercice pour tout un tas de raisons ce à quoi je réponds avec le même chuintement « mais bien sûr Stéphanie ». L’élève ne me dit rien sur le coup, les élèves ne relèvent pas car il n’y a pas vraiment de raison rire. L’élève en parle dans la semaine à sa prof principale en lui disant que je me moque d’elle. Sa P.P essaye de la rassurer et m’en parle peu après. J’ai immédiatement discuter avec l’élève en lui présentant dans un tout premier temps mes excuses et en lui expliquant que je l’appréciais et que ma moquerie était à mon esprit plutôt mignonne et n’avait pas pour but de la blesser. Je n’ai plus jamais refait ce genre de remarque et l’année c’est très bien passée avec cette élève.

Second cas : Classe de 4ème sympa, ambiance sympa et du travail. Le hic un petit rigolo qui n’a pas manquer de me demander plusieurs fois lors du cours sur la reproduction si je n’avais pas des préservatifs à leur donner. Au bout de deux, trois fois je lui ai demandé à quoi ça lui servirait que je lui donne un préservatif puisqu’il allait nager dedans. L’élève fait la moue, la classe rigole, il me souhaite bon week end dans sa barbe et s’en va. Plus de problème du genre durant le reste de cette partie. Voilà le genre de propos qui sorti du contexte peut paraître horrible mais en fait non.

Troisième cas : Le « Mais t’es bête ou t’es bête? » qui peut tourner rapidement au « Mais t’es con ou t’es con?» selon l’élève et le rapport que vous entretenez avec lui. Certains le prennent très mal et j’évite de le redire alors que d’autres apprécient d’être bâchés. Comme quoi tout est possible.

Là encore le principal est de pouvoir dialoguer avec l’élève si jamais vous avez dérapé ou eu des mots un peu difficiles. Les profs foncièrement méchants c’est comme les élèves foncièrement méchants il y en a peu.

Quant aux établissements de réinsertion scolaire j’exprime de sérieux doutes. Si le but est de rassembler tout les « sauvageons » histoire qu’ils s’émulent entre eux la remise à niveau au point de vue scolaire risque de prendre du temps. N’aurait-il mieux pas valu s’y prendre avant? D’autre part je m’interroge sur la possibilité de leur mise en place dans l’année. Où? Avec qui? Quels objectifs? Combien de temps? Sachant que notre ministre n’est déjà pas foutu de faire en sorte que les programmes soient réaliser en temps et en heure pour que les éditeurs aient le temps de plancher dessus. N’aurait-il mieux pas valu, tout simplement, attendre la rentrée suivante pour appliquer ces programmes?

Enfin bon, c’était juste l’occasion de venir grogner un coup et de rajouter que la partie documentaires a été implémentée de nouveaux liens.

Bonne rentrée prochaine à tout ceux qui vont bientôt reprendre.

Fremen10

~ par bioprof sur août 26, 2010.

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