Story of Rock : Les prémisses 1954 – 1964

Chères amies, et chers amis fans de Rock’N Roll

c’est avec joie que je dois vous annoncer les 55 ans passés du Rock, genre populaire et hybride de naissance, qui n’a eu de cesse d’évoluer, s’octroyant le luxe actuelle du polymorphisme.

Comme je sens que je vous ai perdu, reprenons ensemble une longue histoire que je déroulerais sur 10 articles à paraître chaque dimanche.  Ce premier article renvoie vers quelques albums (liens spotify) afin de vous donner certaines références musicales. Les neuf prochains articles de la série seront chacun agrémentés d’une playlist spotify retraçant cinq années de Rock au travers d’une sélection d’artistes et de titres marquants.  Les neuf playlist couvriront donc 45 années florissantes du Rock et de ses dérivés.

Le Rock est un genre bâtard, issu du blues du rythm’n’blues,  de la country et de la folk principalement. Mais certains groupes n’hésiteront pas à aller piocher du coté du Jazz ou de la musique classique pour enrichir leurs morceaux, leurs albums, leur style.

Le blues est né aux alentours de 1865 dans le delta du Mississippi et trouve ses origines dans la musique des esclaves noirs. Le gospel (ou God Spell, évangile) est un chant religieux d’église alors que le blues s’enfonce dans les racines du mal en traitant de leur misère voir en chantant la révolte. Dans les années 20, les bluesmen sont des noirs itinérants (Charley Patton, Blind Lemon Jefferson) accompagnés de leur guitare sur laquelle ils jouent certains morceaux à l’aide d’un bottleneck (goulot de bouteille en verre, ou parfois un tube en métal) qu’ils font glisser sur les cordes d’où le nom de « slide » pour cette technique de jeu. Dans les années 30 ce sera au tour de Robert Johnson de prendre la relève. Les femmes ne sont pas exclues du style mais sont plus généralement accompagnées d’un orchestre de jazz.

Alors que le style était né dans le sud des États-Unis, les populations noires américaines vont durant l’entre deux guerre se déplacer vers le Nord. Arrivés dans des villes comme Chicago les bluesmen se retrouvent alors à jouer dans des clubs et n’auront d’autre choix  que d’électrifier leur guitare acoustique pour la faire entendre au sein du « big band ». Heureusement pour eux les années 30 seront propices à l’invention de la guitare électrique, d’abord instrument issu de bidouillages des mordus de musique et d’électronique puis plus tard véritable instrument sorti de chez Gibson (première firme à en commercialiser un grand nombre).

De nouvelles stars du genre apparaissent alors comme Muddy Waters pour ne citer que lui, mais également des harmonicistes ou des pianistes comme Menphis Slim. Dans les années 60 beaucoup de ces bluesmen noirs iront jouer en Europe et particulièrement en Grande Bretagne où ils déclencheront un véritable engouement pour cette musique et des vocations chez les jeunes musiciens britanniques.

Parallèlement au blues s’est développée une musique populaire blanche née dans les Appalaches et issue des communautés immigrantes. Il s’agit de la country, qui signifie littéralement musique de la campagne. Cette musique nécessite une guitare, un banjo et un ou des violons et le tour est joué. Alors qu’au départ la country empreinte également aux évènements de la vie, se voit même parfois amère et désespéré chez certains, celle-ci se voit aseptisée par le puritanisme sudiste et la création du Nashville Sound. Bien entendu comme à chaque fois qu’on essaye de récupérer un genre musical, celui-ci trouve des interprètes pour lui redonner sa liberté de ton et la libérer. Certains groupes feront même le choix d’allier le blues, le rock et la country pour définir un son qui leur est propre.

Jusqu’alors la musique était propre et les interprètes donnaient une image idéalisée des USA dans une société profondément régie par le puritanisme religieux et les traditions. Mais en 1954, un rythme binaire et tonitruant surgit sur les ondes : c’est le rock’n roll. A une époque où la ségrégation raciale est bien réelle la rencontre entre noirs et blancs se fait au niveau musical. Une « musique de noirs » pour des « préoccupations de jeunes blancs ». Le fossé intergénérationnel commence dès lors à se creuser, certains parents d’adolescents déchainés demandant même la fermeture des radios passant des titres juger comme portant atteinte aux bonnes mœurs. L’adhésion des jeunes américains est totale, les looks travaillés des chanteurs sont copiés, leurs vies fantasmées. En 1956 Elvis sort son premier album et celui-ci devient numéro un des charts aux États-Unis. L’album intitulé sobrement Elvis Presley contient des titres rock (Blue Suede Shoes, Tutti Frutti), rythm’n’blues (I got a woman, Money Honey), country (I Love You Because, Just because) et pop (Blue Moon). Fort de son succès Elvis signa dans la foulée chez RCA et fut rapidement remplacé chez Sun par Jerry Lee Lewis, pianiste survolté dont les frasques feront scandales (Il épouse notamment sa cousine alors âgée de 13 ans). Il serait faux de penser que seuls les blancs ont du succès. Au même moment Chuck Berry remporte également l’adhésion du jeune public.

Dès lors ce nouveau style musical va traverser l’Atlantique et rencontrer un public avide de nouveautés et pressé d’en découdre pour montrer que d’autres peuvent faire aussi bien voir mieux.

Alors que des groupes se monteront de toutes parts en Grande Bretagne le rock’n roll décline rapidement aux USA avec le départ à l’armée d’Elvis et la mort de ses idoles (Eddy Cochran, Buddy Holly,…). La société américaine peut à nouveau dormir tranquille et asséner au monde entier la vague des teen-idols aux chansons sucrées et édulcorées. Finie la subversion.
Comme dirait Snake Plissken : « The more things change, the more they stay the same », comprenez « Plus les choses changent et plus elles restent les mêmes » (Citation tirer de « Les Guêpes » de Alphonse Karr).

Ce sont donc des anglais chevelus,  » The Beatles » et « The Rolling Stones » en tête  qui vont provoquer l’hystérie des adolescentes dont les taux d’hormones sont au plus haut. Les premiers albums de ces groupes comme « Please Please Me » des Beatles sont constitués principalement de reprises et de titres de remplissage qui assurent certes un succès commercial important mais n’apporte  rien, artistiquement parlant, à cette musique. Il faudra attendre le milieu des années 60 pour que tous ces apprentis musiciens définissent dans leur groupe respectif leur style musical.

La grande histoire du Rock pourra dès lors commencer!!

Par Fremen10

~ par bioprof sur octobre 2, 2010.

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