Story of Rock : Le dur réveil 1970 – 1974

Salut à toi ami loubard, salut à toi le blouson noir, salut à toi ami motard qui répare sa bécane et traine ses arpions sur le macadam encore chaud.

Aujourd’hui en ce troisième épisode de la fantastique odyssée du rock nous allons parler de ce que furent les cinq années les plus pourries de son histoire… (pas musicalement je vous rassure tout de suite).

1970 – 1974 est l’une des périodes les plus sombres de l’histoire du rock mais également de l’histoire de notre société moderne et industrieuse (la salope !).

J’ai décidé de commencer la playlist avec un artiste maudit du nom de Nick Drake, et bien entendu révéré aujourd’hui, en hommage aux disparus de cette période. C’est donc avec The day is done tiré de « Five Leaves Left », petit joyau de folk anglaise, que j’entame le bal et vous offre en souvenir de Jimi Hendrix mort le vendredi 18 septembre 1970 étouffé par ses vomissements après l’abus de somnifère, proclamera l’avis officiel de décès, un moment de recueillement. Un dieu du rock est mort… C’est aussi pour Janis Joplin qui à quelques semaines d’intervalle et à quelques milliers de kilomètres de là (à Hollywood, dans une chambre d’hôtel quelconque) succombera d’une overdose d’héroïne avant même d’avoir achever les enregistrements de l’album « Pearl ». Une déesse est morte… Bon nombre d’enfants du rock se retrouvent orphelins!!

Alors que ces deux icônes au talent incommensurable viennent de s’éteindre la société se réveille avec la gueule de bois et quelle gueule de bois. Les hippies n’ont plus la côte, le mode de vie communautaire ne séduit plus vraiment, l’individualisme se déclare ouvertement. De son coté les États-Unis se sont enlisés dans le conflit Nord Vietnamien, la guerre du Viet-Nam est un gouffre financier, les gens n’en veulent plus et les politiques cherchent un moyen d’en partir sans laisser l’idée qu’il s’agit d’une guerre perdue… en fait c’est l’un des plus grands drames du 20ème siècle après les deux premières guerres mondiales.

Crosby, Stills, Nash & Young se sont fait les porte-paroles de la contestation estudiantine dans leurs textes tout en proposant avec l’album « Déjà vu » un véritable patchwork musicale de ce qu’est l’Amérique. Les quatre égos ne pourront pas collaborer plus longtemps et chacun tentera de poursuivre sa route en solo comme Neil Young avec l’album « After The Gold Rush » sorti la même année.

En Angleterre, un jeune homme du nom de David Bowie sème le trouble et créé le scandale en apparaissant travesti sur la pochette de l’album « The Man Who Sold The World » dont le morceau éponyme sera rendu célèbre presque trente années plus tard grâce à la reprise d’un obscure groupe de Grunge. La musique fut rapidement oubliée alors qu’elle préfigurait déjà ce qu’allait faire Bowie pour les dix années à venir.

Toujours en Angleterre, mais du coté du Hard-Rock cette fois, on retrouve Deep Purple avec l’album « In Rock » et le titre Child In Time, pièce épique par définition, intégrant volontiers des influences provenant de la musique classique, la grandiloquence de l’œuvre en est témoin. Il y a peu un ami me disait encore « A chaque fois que j’entends Child In Time j’en ai des frissons ». Quoiqu’il en soit, on pourra toujours se contenter de les remercier pour avoir été les géniteurs d’un des plus grands hymnes du Rock, le bien nommé Smoke In The Water composé après que le casino de Montreux où ils devaient se produire prit feu, et se retrouva fumant sous les quantités de flotte déversées par les lances à incendie des pompiers.

Toujours en 1970, Clapton usé et véritablement à bout s’exile aux USA où il tente plusieurs expériences et recherche plus que tout l’anonymat. Mais avec le groupe Derek and The Dominos il grave dans le marbre l’une des plus belles chanson d’amour : Layla. En fait, tout l’album regorge de chansons d’amour et Layla c’est en fait Patti-Boyd Harrison, femme de George Harrison, dont il est éperdument amoureux.  Il sera éconduit et suite à cet échec on comprend mieux les lamentions de sa guitare sur ce morceau. Malgré s’être vidé de son malheur celui-ci n’ira pas mieux et sombre dans la drogue, emporté par un cheval blanc dont il finira par descendre quelques années plus tard après s’être délesté d’un bon nombre de ses guitares. Mais Clapton n’est pas le seul à souffrir d’addiction, c’est également le cas du guitariste de Free, Paul Kossoff, dont les riffs de guitare ciselés et plein de feeling se combinent parfaitement à la musique dépouillée de son groupe. Un groupe qui aura le plus grand mal à se maintenir face à l’aggravation de l’état de Kossoff qui se retrouvera de plus en plus souvent incapable de jouer. Il finira tout de même par s’en sortir après une cure de désintoxication et  intègrera alors Back Street Crawl. L’ancien leader du Floyd, Syd Barrett, a dû laisser sa place à David Gilmour en 1968 pour se renfermer sur lui même sujet de plus en plus souvent à des crises de schizophrénie. C’est donc par petits bouts et sur une longue période  qu’il réussira, avec l’aide de Gilmour, Waters et les membres de Soft Machine, à produire et sortir « The Madcap Laughs », un album résolument psychédélique et arrivant tout droit d’une autre planète . Le chant, les sons, les mélodies vous plongent en transe et une sensation d’apesanteur s’impose à vous. Sa musique est planante, éthérée, mélancolique…

Une fois le voyage accompli il faut redescendre sur Terre et se trouver un port d’attache quel qu’il soit, aussi exotique soit il. C’est donc avec curiosité que j’embrasse la musique de Carlos Santana, sorte de Rock Afro-Latin ou Latino-Africain (au choix) qu’on pourrait penser sorti de la région de Miami et de sa communauté cubaine alors que non pas du tout. Santana est d’origine mexicaine et c’est à San Francisco qu’il a défini les canons de beauté de son art guitaristique, élément fondateur de la la World Music.

Alors qu’à la même époque Led Zep se permettait d’alléger sa musique pour proposer un Folk électrique de très bonne facture un groupe de petits jeunes arrivait avec un son encore plus lourd et plus plombé, les bien heureux de Black Sabbath. C’est avec deux albums la même année qu’ils s’ouvrent la voie du succès, le chemin des ventes de disques et la route des interminables tournées. Ce son si lourd on le doit à Tomy Iommi dont trois doigts ont été sérieusement entamés lors de son ancien boulot de métallurgiste. On considère aujourd’hui qu’ils sont les pionniers du METAL et d’un sous genre appelé Doom Metal (par ses riffs lents et lourds). Le talent de Iommi fut de savoir alterner ses riffs avec des solos aux relents hendrixiens dont il se détachera progressivement. Ils viennent alors de définir pour un bon moment les codes du genre.

On est en 1971 et le 3 juillet meurt Jim Morrisson. C’est la fin d’un Mythe et je lui dédie à lui aussi le premier titre de cette playlist The day Is Done. Le psychédélisme se meurt et le rock progressif progresse (le con!). Après s’être cassé de chez King Crimson (ou s’être fait virer, ça marche aussi) Greg Lake fonde avec Keith Emerson et Carl Palmer le groupe au nom très recherché de Emerson, Lake & Palmer. Cette année sort donc l’album « Tarkus » qui finira de les rendre célèbres. C’est du rock progressif au sens le plus strict du terme… et cette musique pourra laisser indifférent bon nombre d’entre nous.

Les Stones pour leur part continuent leur route en distillant désormais un rock plus direct plus incisif. L’album « Stincky Fingers » en est l’exemple.

De l’autre coté de l’Atlantique la réplique au Zeppelin se nomme Blue Oyster Cult (le culte de l’huitre bleue pour les non initiés) et se nourrit essentiellement de science-fiction (comme un paquet de groupes de l’époque ceci étant dit), de hard rock et de rock progressif. Ils trouveront à faire une soupe excellente mais qui n’aura jamais le succès de la musique de Led Zep.

Les groupes de Rock progressif se font légions mes deux d’entre eux tirent véritablement leur épingle du jeu. J’ai nommé Pink Floyd, qui enchaîne deux albums incroyables, « Meddle » en 1971 (et son space rock expérimental) et « The Dark Side of The Moon » en 1973 (véritable album conceptuel) qui battra tous les records de vente à l’époque ainsi que YES dont le travail est plus axé sur les nappes sonores et les claviers. En retrait de ces deux grands on retrouve également Camel venant de la scène de Canterburry et qui avec son second album « Mirage », en 1974 commencera à se faire sa place dans les cœurs du public.

Alors que la guerre du Viet-Nam s’achève enfin c’est le premier choc pétrolier qui frappe et plonge l’économie mondiale dans une sorte de marasme. Le chômage frappe, les gens ont alors besoin de repères.

Aux USA, c’est le rock sudiste qui perce grâce à Lynyrd Skynyrd et son Sweet Home Alabama alors que de leur coté Iggy Pop et The Stooges continuent leur bonhomme de chemin et leurs provocations. L’album « Raw Power » préfigure véritablement de ce que sera le punk, hargneux, acéré, vif, rageur n’offrant aucune compromission. Des groupes comme Génésis ou Supertramp et leur rock prog’ n’y pourront rien. La jeunesse en a marre, le peuple parle fort, la révolte gronde. Et on emmerde le Rock Prog’ !!!

Par Fremen10

~ par bioprof sur octobre 17, 2010.

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