Story of Rock : Vague punk et expérimentations sonores 1975 – 1979

Salut à toi l’ami titilleur de pompes, chercheur d’or noir et autre quêteur du saint Graal, la coupe d’hydrocarbure qui alimentera le moteur de ton char rutilant.

Un peu d’essence pour lire et enflammer cet article :

En 1974, Robert Fripp déclarait en démantelant King Crimson, groupe pionnier du rock progressif : « Tous les groupes anglais de ce genre se devraient d’avoir cessé d’exister… ». Le bougre n’y allait pas avec le dos de la cuillère, un brin excessif, un brin provocateur sans doute porté par l’air du temps et l’absolutisme qui le caractérise. Sans doute n’avait-il pas envisagé que Pink Floyd, désormais rompu à ce style, allait sortir trois de leur plus grands albums entre 1975 et 1979 j’ai nommé « Whish you were here » en 1975 principalement dédié à Syd Barrett, Animals en 1977 qui se réfère à l’univers Orwellien de  » La ferme des animaux » en s’attelant cependant à reporter cette sombre vision sur le capitalisme, et le magistral « The Wall » en 1979. J’ai toujours pensé que parfois il valait mieux éviter de l’ouvrir sous peine de passer pour un con quelques années plus tard. Je reconnais cependant le droit à l’erreur.

En 1975, c’est l’explosion d’une future rock star planétaire, j’ai nommé THE BOSS, Bruce Springsteen, issu d’un milieu prolétaire et qui incarnera pour les années à venir la conscience sociale de son pays. C’est avec « Born To Run » qu’il se révèlera à la scène mondiale et avec des concerts marathon dépassant régulièrement les quatre heures. En studio, il aura l’occasion de côtoyer Patti Smith à qui il offrira Because the night. Cet artiste représente au travers de ses textes la classe ouvrière et tous les laissés-pour-compte d’une société américaine résolument tournée vers le productivisme et l’idée qu’être quelqu’un ne peut se faire qu’au travers de son activité professionnelle. C’est ainsi qu’il devient le représentant d’une partie importante de la nation américaine.

En 1976, quatre barjots chevelus, soi-disant frères, dont trois sont issus du Queens à New-York, et baptisés Ramones sortent l’album « Ramones » dont tous les titres sont expédiés en moins de trois minutes et fréquemment en moins de deux.  Le son est brute, pas de solos inutiles (bah ouais quoi…), on va droit au but, pas la peine de tourner autour du pot. En même temps Richard Hell, bassiste du groupe américain Television, se coupe les cheveux courts et lacère ses T-Shirts qu’il raccommode à l’aide d’épingles à nourrice. Le style punk est né, et c’est le styliste-manager Malcom McLaren qui s’occupera de le rendre populaire. Le Punk, c’est avant tout une insulte, un bon à rien, un paumé, une prostituée en vieil anglais. Le punk est également une musique mais c’est aussi et surtout une attitude. Un mélange de révolte envers le système, de nihilisme et d’anarchie. D’ailleurs les slogans du monde Punk ne sont pas anodins : « No Future », « Destroy », « Go Fuck Yourself » et DIY (Do it yourself).  Aux USA le mouvement reste marginal alors qu’en Angleterre les punks bouleversent les lois du marché.

Les Sex Pistols font un carton dans un style jusqu’au-boutiste et ultra-provocateur. Une industrie parallèle et indépendante du disque se met en place. La jeunesse dicte sa loi. Le prog’ est has been. Fuck ! Cependant certains, les vrais, les « true » (pour reprendre une expression metalleuse) s’en foutent et continuent sur leur lancé. Ce sera le cas du groupe américain Blue Oyster Cult qui sort cette année là l’album « Agent Of Fortune », ou encore celui de Rainbow avec « Rising ». Rainbow c’est le groupe fondé par l’anglais Ritchie Blackmore , de Deep Purple, avec au chant Ronnie James Dio l’une des plus belles voix du Metal (RIP Dio) qui officiera également chez Black Sabbath (puis Heaven & Hell il y a encore peu).

En 1977 sort « Never Mind The Bollocks Here’s The Sex Pistols » seul et unique album des Sex Pistols. La sortie du disque aura été précédée de quelques problèmes d’abord pour être signé dans une maison de disques et puis surtout pour y rester. Finalement ils signeront chez Virgin le 15 mai et l’album sortira dans le courant de l’été et arrivera rapidement en tête des charts. Mais 1977 c’est également le début des expérimentations sonores, Brian Eno, non-musicien autoproclamé, s’amuse avec les enregistreurs et créé ce que l’on pourrait appeler les premiers samples. Ce touche à tout finlandais s’acoquine avec des êtres aussi étranges qu’intéressants (pour l’époque j’entends bien) tels que Robert Fripp (ouais le premier cité tout en haut de l’article), les allemands de Kraftwerk, ou encore l’ancien artiste androgyne David Bowie. C’est d’ailleurs avec Eno et Tony Visconti que sera enregistré l’album « Heroes » dont est tiré le morceau du même nom. A noter que Robert Fripp (ouais je sais il est partout celui-là) s’occupe de la guitare sur cet album. Mais l’album de Bowie ne serait pas une réussite sans les influences fortes du moment que sont Iggy Pop et Kraftwerk groupe allemand de Krautrock (qu’on n’hésite plus à classer parmi les précurseurs de la musique techno). Ces derniers sortent consécutivement en 1977 « Trans Europe Express » et en 1978 « The Man-Machine ». Le premier est un album concept sur les voyages en train et divers enregistrements sont utilisés pour la rythmique et la mélodie, le second lui est basé sur le constructivisme soviétique et l’expressionnisme allemand et sera l’une des références incontournables pour des groupes à venir comme Depeche Mode ou encore Orchestral Manoeuvre In The dark. Parmi les paternels de la techno ont peut également trouver Alan Vega et martin Rev du groupe Suicide dont le premier album éponyme est ultra-novateur pour l’époque. La musique est répétitive, vicieuse et j’irai même jusqu’à dire venimeuse. Une écoute approfondie de Frankie Teardrop pourra vous donner une idée de qui sont les premiers à avoir fait du Black(Metal)-Ambient. Pas si ambient ceci dit en passant. Dans le genre défricheurs de la première heure, comme dirait un de mes potes, on a rarement fait mieux.

Pendant ce temps en France vous avez deux possibilités (peut être trois qui sait..??). Soit vous écouter Christian Vander et son groupe Magma vous proposer son Zeuhl sur l’album « Üdü Wüdü » (rock progessif qui aurait des tendances à la musique contemporaines répétitives et teintées de jazz le tout sur des airs de classique… je me demande encore si ce que je viens de dire est claire) soit vous écouter un tout jeune homme de son nom de scène Renaud qui en 1977 sort déjà son deuxième album « Place de ma mob » avec le fameux titre Laisse Béton. Même en France y’aurait comme un semblant de liberté artistique.

Bien évidemment, ce vent de liberté est rattrapé par le business. Les Sex Pistols implosent en plein vol. En plein concert à San Francisco, un 14 janvier 1978 Johnny Rotten Balance « Vous n’avez jamais eu le sentiment de vous faire flouer ? », la tournée s’arrête là. Rotten redevient Lydon, Vicious fait une overdose mais s’en sort avant d’être retrouvé hagard au près de sa compagne morte poignardée le 11 octobre de la même année. Le 2 février 1979 Sid Vicious alors en liberté meurt d’une overdose. McLaren, son producteur, ira jusqu’à ronger les restes en faisant paraitre quelques titres enregistrés par Vicious.  Seuls quelques groupes tentent de continuer contre vents et marées tout en faisant évoluer leur musique comme The Clash. 1978 c’est également l’année que choisissent Dire Straits et Marc Knopfler pour nous proposer leur album éponyme (peuvent pas trouver de nom..??). Un petit bijou oscillant entre blues et country assez majestueux, à la fois épique et « classieux »  tout en restant posé. En fait c’est totalement l’inverse de Van Halen et de son album, de son album ??? de son album éponyme bien sûr (ils auraient une méchante tendance à me les briser menu menu les gars) qui lui envoie de méchantes rafales soniques et des envolées guitaristiques ultra-rapides. Entre Knopfler et ses arpèges à doigts nus et Van-Halen et sa technique de dingue autant vous dire qu’il n’était pas facile de choisir son camp et encore moins le morceau qu’on allait apprendre (les salauds !!).

En 1979, The Clash sortent l’album mythique London Calling dont la pochette est un clin d’œil évident à celle du premier album d’Elvis. On y trouve du punk, du reggae, du ska, du rock, du rythm’n blues, de la pop, du jazz, du rockabilly pour un ensemble de 19 titres qui ne semblent absolument pas décousus. Si ce n’est pas ça le talent je ne sais plus trop ce que c’est alors. Cet album sera source d’influences pour de très nombreux groupes à commencer par les groupes punks français des années 80. Mais 1979 c’est également l’année qui verra naitre la new wave (nouvelle vague) qu’il est plus juste de nommer cold wave (vague froide… brrr brrr [grelotte]) ainsi que le post-punk qui au début sont des courants musicaux peu éloignés car tous les deux des rejetons assumés de la vague Punk. Joy Division avec à sa tête Ian Curtis, propose l’album « Unknow Pleasures ». La musique est froide, douloureuse et pourtant majestueuse. La basse clinquante nous rappelle leurs origines punks, la batterie cogne sec et la guitare tranche chirurgicalement. La production de Martin Hannet élève de façon merveilleuse l’ensemble de l’album devenu à présent une référence du genre. The Cure dans un registre légèrement moins sombre et bien plus mélodique propose l’album « Boys Don’t Cry » avec les titres désormais célèbres que sont Killing an Arabe et Boys don’t cry. Ils deviendront les fers de lance du mouvement new wave. On aurait pu croire que c’était suffisant pour cette période mais c’était sans compter sur un vieux briscard du nom de Lemmy Kilminster démissionnaire du groupe Hawkwind il y a 4 ans déjà, grand consommateur de bières et d’amphétamines de son état. Presque un Beatles quoi ! Le deuxième opus de Motörhead, « Overkill », sera le bon. Le groupe joue une musique entre Rock’n’Roll et Metal mais à la vitesse du punk, c’est à dire pied au plancher, tripes à l’air, et bières sur les amplis. Comme dirait Lemmy en début de concert « We’re Motörhead and we play fucking rock’n’roll ». Pour être du putain de rock’n roll ça y’a pas photo. D’ailleurs si vous allez les voir en concert n’oubliez pas les boules quiès.

I’m Fremen10 and i listen to fuckin’ Rock’n’Roll.

~ par bioprof sur octobre 24, 2010.

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