Lectures trimestrielles #8

La mer des caraïbes

Ami(e)s lectrices et lecteurs,

cette fois il fallait y passer.
Non pas à la casserole, terme trivial je m’en excuse, mais à la lecture d’ouvrages scientifiques de haute volée !

Commençons léger avec :

Antilopes, dodo et coquillages de Stephen Jay Gould

Il s’agit d’un recueil d’articles publiés précédemment par Stephen Jay Gould, Biologiste de l’évolution, et agnostique juif de son état.
Il possède la capacité, que dis-je, le don de nous parler de Science et principalement de l’évolution en alliant l’art et la littérature et en y associant certains des plus grands personnages comme Léonard de Vinci, Edgard Allan Poe, Mary Shelley ou encore Nabokov (sans oublier Charles Darwin).
Lorsqu’il nous parle, développe ses idées et s’étale de tout son verbe sur l’histoire des sciences et sur l’évolution c’est de nous qu’il traite. Son travail de fourmis qui a consisté à rendre accessibles les mécanismes de l’évolution au commun des mortels, à montrer ce qu’est la science et à ouvrir les esprits prend toute son ampleur avec cette sélection d’articles. Sa rigueur et son honnêteté le place dans le peloton de tête des vulgarisateurs scientifiques alors que cet Homme était bien plus que cela et que son travail mérite d’être lu par le plus grand nombre.
Ce recueil n’aura que peu de sens pour ceux qui le lisent et le connaissent déjà mais constituera certainement une des plus belles portes d’entrées vers les sciences de l’évolution pour les néophytes.

La relativité d’Albert Einstein

Ouvrage respectable qui se veut avant tout accessible et vulgarisateur et qui demandera pourtant une farouche volonté et une certaine force d’abstraction pour appréhender le concept qui y est traité.
Les mathématiques exposés par Albert Einstein sont abordables mais c’est bien le concept auquel elles se rapportent qui pose problème. Nous sommes conditionnés par ce que nous observons et notre instruction. La mécanique newtonienne apparait donc comme la référence de laquelle il faut se détacher pour aborder la mécanique relativiste.
Ce livre doit être lu et relu pour en saisir toutes les implications et pour habituer son esprit à naviguer dans les quatre dimensions (l’espace-temps) qui déterminent l’organisation de la matière à grande et très grande échelle.
Si vous avez deux jours à tuer et que la mécanique relativiste ne vous fait pas peur, alors allez-y !
Attaquez-vous à ce fantastique principe de la nature qui sera ensuite parfaitement démontré par les calculs et les observations.

Lumière et Matière de Richard Feynman

Il s’agit de la transcription de quatre conférences données sur le sujet de l’électrodynamique quantique (et très rapidement pour la dernière conférence sur la chromodynamique quantique).
La première et la seconde conférences traitent de la lumière, des photons et de leur propagation (diffusion) dans un milieu. Jusque là aucun problème même s’il faut s’armer d’un peu de volonté et d’abstraction.
La troisième conférence place la barre un peu plus haute et là il faut rapidement se munir d’une feuille et d’un stylo sans oublier la maitrise du vocabulaire utilisé.
Si le chapitre précédent s’est trouvé être une promenade de santé pour vous, vous n’aurez aucun mal à suivre le dernier qui nous amène encore un peu plus loin dans les profondeurs de la mécanique quantique et ses nombreuses particules toutes aussi étranges les une que les autres mais pour lesquelles les règles de l’électrodynamique quantique semblent fonctionner à merveille. Une plongée dans un monde étrange et invisible mais bien réel !

Lorsque vous vous serez enfilés ces trois ouvrages il se peut que vous ressentiez le besoin de vous évader dans d’autres lectures … En ce qui me concerne ce fut mon cas. J’ai donc profité d’être en gare sur le point de partir vers de nouvelles aventures agitées pour m’acheter les deux ouvrages suivants d’auteurs que je connais déjà assez bien.

Les déportés du Cambrien de Robert Silverberg

Bienvenu au Paléozoïque ! Voilà ce que vous auriez pu entendre si comme les protagonistes de ce roman vous aviez milité ouvertement ou de façon plus clandestine dans l’univers mis en place par Silverberg. Le roman nous invite à suivre la vie d’exilés politiques à l’époque du Cambrien. Cela a été rendu possible par le physicien et mathématicien Hawksbill. Ce dernier fut également militant avant de se retrouver savant. Les bases théoriques qu’il pose autorise le retour dans le passé mais invalide la possibilité de tout retour. Est-ce irrémédiable ?
Un nouvel arrivant fait son apparition et va bouleverser la vie en communauté des déportés désormais bien vieux et faisant pâle figure devant les jeunes entêtés qu’ils ont pu être des décennies avant. Le jeune homme tout juste arrivé ne va pas tarder à susciter l’intérêt et la méfiance de quelques uns des protagonistes. Il semble être le grain de sable qui vient enrayé le mécanisme routinier de ces presque vieillards !

Le livre sans être un chef d’œuvre réussi le pari de nous parler du militantisme, de l’engagement politique et de l’extrémisme qui n’est jamais très loin. Il nous montre comment des jeunes gens plein d’entrain et de passion deviennent de vieux rocs, comme ceux qu’ils arpentent, campés sur leurs vieilles idées et ressassant sans cesse leurs exploits passés. Il montre ce qu’est l’isolement, l’éloignement physique, la séparation et à quoi tout cela conduit. On perçoit sans poursuivre plus loin à quel point ce traitement est inhumain. Le gouvernement qui décide de ces déportations est appelé syndicature qui est à la fois capitaliste et centralisatrice et qui évidemment renvoie pourtant au communisme.Il serait possible de faire un rapprochement avec ce qu’est la Chine actuel, les goulags soviétiques en moins. Silverberg traite une fois encore des modèles de sociétés et de leurs dérives … ici le totalitarisme. La façon dont sont surveillées les personnes et les arrestations plus ou moins arbitraires nous renvoient à la sombre période du maccarthysme et au totalitarisme soviétique. Ce livre même s’il ne plonge pas au plus profond donnera tout de même à réfléchir, le voyage dans le temps n’étant qu’un prétexte pour encore mieux marquer l’isolement de tout !

L’étoile et le fouet de Franck Herbert

Franck Herbert nous offre ici une histoire d’amour bien étrange, celle entre un individu ordinaire et l’équivalent d’un dieu. Mais avant de parler d’histoire d’amour il s’agit bien d’un court roman de S-F traitant des problèmes de communication entre les êtres et évidemment entre les individus. Il a choisi pour cela de s’offrir toute une panoplie d’individus aussi farfelus les uns que les autres et permettant de balayer un large spectre de forme de vie (aux pouvoirs parfois bien différents).

L’histoire d’amour et ce thème de la communication sont supporter par une intrigue policière qui entraine inévitablement une enquête et force dons le lecteur à tenter de la résoudre lui aussi. Le stratagème fonctionne véritablement et les pages s’enchainent sans que la lassitude ne vienne pointer le bout de son nez.

Mais quel est cette intrigue ? Me direz-vous ! Eh bien figurez-vous que toutes personnes ayant emprunté les couloirs calibans (permettant de se déplacer dans toute la galaxie) perdent subitement la mémoire ou bien disparaissent étrangement. Personne ne sait vraiment comment fonctionnent ces couloirs. Pour couronner le tout une boule métallique s’écrase et à son bord se trouve une forme calibane dont le langage ne partage pas les mêmes concepts que les êtres qu’elle va rencontrer.  Jorj X. McKie est le saboteur extraordinaire en charge de cette mission et c’est à lui qu’il revient également de maintenir le contact avec l’entité calibane.

Une histoire à la fois passionnante et distrayante qu’il convient de classer dans les réussites de Herbert.

Sur ce bonnes lectures pour la rentrée qui s’annonce proche.

Par Fremen10

~ par bioprof sur août 25, 2011.

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