Story of Rock : Le ton se durcit, le son s’allourdit … il y aurait comme du larsen 1990 – 1994

Salut à toi vieux soudard, soûlard et autre gros lard, salut à toi la mignonnette, la bichette et autre nénette,

En ce début des années 90 s’amorce désormais l’une des révolutions les plus violentes et les plus sourdes : l’idéologie ultralibérale a triomphé. Désormais la dame de fer peut se retirer en Grande-Bretagne. Ronald Reagan, lui, a  quitté son poste un an auparavant après avoir lui aussi fortement dérégulé le marché.

Les divorces deviennent choses courantes même si ça fait toujours autant jaser dans les chaumières. Le film « Génial, mes parents divorcent » est un succès preuve que tout ne va pas bien ! On assiste à une augmentation importante du nombre de femmes sur le marché de l’emploi. Un salaire ne suffit plus à faire vivre la famille mais le pendant de cela c’est qu’il faut désormais s’endetter pour acheter une deuxième voiture.

La situation n’est pas rose, la compétition devient la règle, la désindustrialisation aussi. Tout part en couilles .. mais je ne saurais que bien plus tard que j’appartiens à la génération X.

La playlist à écouter est donc dédicacée à cette génération désenchantée, la nôtre, celle des actuels trentenaires !

Suite à son éviction de Metallica, Dave Mustain poursuit son bonhomme de chemin avec son groupe de thrash, Megadeth. En 1990, accompagné de  Marty Friedman  à la guitare, de  Dave Ellefson à la basse et de Nick Menza à la batterie, il sort ce qui reste sans doute leur plus grand succès, l’album Rust In Peace. C’est une véritable avalanche de riffs tous plus acérés les uns que les autres qui donnent le ton du début de cette décennie.

Mais en 1990 il n’y a pas que les américains et le thrash qui triomphent. Fort de son succès précédent Depeche Mode sort Violator, un album encore plus sombre que le précédent mais très riche dans les associations entre musique synthétique et rock. On retrouve dans cet album des titres qui résonnent encore aujourd’hui comme Peronal Jesus ou Enjoy the Silence. Anton Corbjin aide Martin Gove à façonner son image « sex, drugs and rock’n’roll » qui n’avait sans doute pas besoin d’autant pour entretenir sa réputation sulfureuse.

Il n’est cependant pas question de s’enfoncer dans la dépression. Rien ne vaut mieux que d’aller voir du coté de L.A si la bonne humeur s’y trouve… et elle y était. Entre 1989 et 1991, le groupe Red Hot Chili Peppers, constitué de quatre joyeux drilles s’étant rencontrés sur les bancs de la Fairfax High School, va sortir deux albums alliant la folie punk et le groove du funk. Mothers’Milk et Blood Sugar Sex Magic sont les deux petites perles qui vont bien aux oreilles et marquent votre originalité. Malheureusement l’héroïne est un fléau qui à cette époque ne touche pas que l’Angleterre. Alors que l’un des fondateurs du groupe, Hillel Slovak, meurt en 1988 d’une overdose le premier batteur Jack Irons se tire. Ils sont respectivement remplacés par Frusciante et Chad Smith. Kiedis et Frusciante ont, à cette époque, eux aussi, maille à partir avec le cheval blanc. En 1992 Frusciante quittera même brutalement le groupe en tournée. S’en suivra une longue cure de désintoxication.

En 1990, les Pixies sortent leur troisième album Bossanova dans lequel s’entrechoquent les élans rock et les explosions bruitistes qui achèvent de définir les codes du son noise. Dans la même veine musicale on trouve les quatre et jeunes et beaux garçon d’Oxford (la classe) à l’origine du groupe Ride et de ce premier album fantastique qu’est Nowhere. Faire de la pop anglaise derrière un énorme mur du son et distiller de jolies mélodies derrières de lourds riffs entêtants, telle est la recette qu’ils auront par la suite bien du mal à reproduire. Nowhere reste tout de même un joyau du genre à écouter allongé sur son lit histoire de se laisser aller à visiter d’autres mondes.

Le rock noise va très rapidement évolué notamment avec My Bloody Valentine, groupe tout d’abord formé, en 1984, de deux irlandais (Kevin Shields et Colm O’Ciosoig) qui se renforcera par la suite avec la présence de la bassiste Debbie Googe, de la claviériste Tina et de la guitariste et vocaliste Bilinda Butcher pour le fameux album Loveless en 1991. Ce dernier donnera naissance au shoegaze. Cela dit il n’y a rien de vraiment exceptionnel, on verra plus tard que le genre se prêtait excellemment bien aux mélanges et aux expérimentations.

Au début des années 90 R.E.M. ne fait plus de concert. En 1990, R.E.M. bosse en studio. En 1991 R.E.M. sort un des plus formidables albums de rock indépendant (même s’ils sont maintenant chez Warner). Out Of Time est l’album qui parle à une génération entière avec ces single indémodables que sont Losing My Religion et Shinny Happy People.  Souvent les mecs qui produisent de la musique ont tendance à briser votre avis péremptoire sur tel ou tel album que vous jugez être (à raison évidemment) de la merde. Ma vision de la chose c’est que de la merde enrobée dans une feuille d’or reste de la merde et aujourd’hui je vois beaucoup de feuilles d’or se promener. Mais à l’époque on peut dire que la production de cet album a servi habilement un contenu d’une richesse incroyable. C’est donc un vrai trésor ! Partir à sa recherche  dès aujourd’hui s’impose pour ceux qui n’auraient eu l’occasion de déjà s’en saisir  !

Au début des années 90 j’étais collégien et mes connaissances musicales n’étaient pas aussi vastes qu’aujourd’hui. A l’époque je transitais entre mes deux 45 tours préférés (Street Dance de Break Machine et Still Standing de Elton John), quelques cassettes dont celle de la bande originale du Grand Bleu qui tournait en boucle dans mon walkman, et une admiration inconditionnelle à Michael Jackson. Quel choc pouvait conduire un môme de 12 ans, cherchant les putains de flûtes de Mario Bross 3, à se convertir au rock le plus lourd et le plus sombre ? Parce que soyons objectifs, des métalleux avec des cheveux longs et des vestes en jeans recouvertes de divers patchs j’en voyais tous les jours à l’école et ça ne me faisait ni chaud ni froid. Pire, l’un de mes cousins nettement plus vieux m’avait déjà envoyé quelques albums d’AC/DC dans les esgourdes, alors que je lisais religieusement sa collection de Strange rêvant d’être aussi puissant que le surfeur d’argent, sans que cela n’entraîne chez moi aucun hochement de tête ou remuement d’orteils.

Sauf qu’en 1991, et sans doute avec quelques mois de retard en France, arrive l’album de la révélation pour Nirvana, pour moi, et pour des millions de gosses. Le porte parole d’une génération de geignards vient de naître. Un courant s’affirme, le Grunge ! On évolue allègrement entre punk, heavy, et noise. Nirvana est sans doute le groupe qui se voulait avec le son le plus crade et pourtant cela ne sera pas le cas de leur plus grand succès Nevermind. La scène de Seattle est riche de groupes et on peut choisir son préféré entre Alice In Chains, Pearl Jam ou encore Soundgarden. Il était même possible d’y aller de son petit cocorico avec le groupe français Les Thugs. Et moi je gueulais dans ma baignoire à une époque ou prendre un bain n’était pas encore un danger pour la planète !

A partir de ce moment j’ai reconsidéré tous les groupes dont on m’avait parlé, Metallica, AC/DC, Iron Maiden allant jusqu’à dessiner les logos en utilisant les typographies adaptées… ou pas. Nirvana et son grunge allait être pour moi la porte d’entrée vers le rock et le metal, disons plus précisément sa partie émergée à cet instant.

U2 sort la même année ce que je considère aujourd’hui comme leur meilleur album : Achtung Baby. Le rock s’écoute haut et fort au TOP 50. Soudain tout ce qui passe chez Drucker, Sabatier et Foucault m’apparaît être une vulgaire plaisanterie, une musique obsolète. C’est l’adolescence et je conchie la variété française. Je me construirais donc contre !

Metallica sort le Black Album et rend immédiatement sa musique accessible au plus grand nombre. Il devient nécessaire d’explorer leur discographie. Pour beaucoup c’est une révélation.

Les cassettes de Metallica et de Nirvana circulent dans la cour du collège. Tout le monde veut entendre leur musique. Ce qui est incroyable, c’est qu’au moment où on pensait avoir trouver nos héros d’autres vont se présenter élargissant encore une fois l’horizon musicale de l’époque.

En 1992 sort l’album éponyme de Rage Against The Machine qui finit par arriver en France alors que les radios sont inondées par la Dance Music. C’est principalement le bouche à oreille qui fait connaître cet album furieux dont le titre Killing In The Name devient l’hymne immédiat. Les radios chose incroyable aujourd’hui se mettent à passer le titre matin, midi et soir.

La fusion entre Rap et Metal fait un carton, d’autres groupes précurseurs comme Urban Dance Squad profitent de ce moment exceptionnel. Ce courant donnera naissance en France à un groupe appelé Silmarils (en l’honneur du Silmarillion de J. R. R. Tolkien). Aux USA le mouvement de fusion est encore plus poussé et Faith No More avec au chant Mike Patton ne s’interdit aucune expérimentation. Du groove, du funk, du metal, un chant hurlé, une voix de crooner … tout est réuni dans un album comme Angel Dust.

En 1992 R.E.M. revient et c’est seulement en 1993 que nous profiterons en France du clip d’Everybody Hurts tiré de Automatic For The People. Cet album est bien plus sombre que le précédent mais tous les titres sont somptueux. En trois années de travail acharné R.E.M. se permet de sortir deux des plus beaux albums de rock indépendant.

Au début des années 90 le rock de papa est mort et il ne reste plus qu’à déchirer nos Jeans pour affirmer qu’on l’emmerde. Alors que la vague grunge fédère autour d’elle les adolescents mal dans leur peau le Metal poursuit son évolution et ses hybridations. C’est une fuite en avant qui s’engage.

Dream Theater définit d’emblée ce que doit être et ce que sera pour un long moment le Metal Prog’. L’album Images And Words étale au grand jour la technicité des artistes et les morceaux s’allongent.

Cynic sort un seul et unique album, Focus, qui devient culte pour les uns, inécoutable pour les autres. La voix du chanteur Paul Masdival est passée au vocodeur, la batterie est tonitruante s’inspirant autant des blast beat du Death Metal que des rythmes syncopés du prog’ et comble du comble des break monstrueux laissent s’insérer dans les morceaux des passages jazzy qui vous décrochent littéralement la mâchoire.

A ce niveau là si vous n’êtes toujours pas satisfait et d’un style beaucoup plus rentre dedans c’est vers Sepultura que vous vous tournerez. Ce groupe brésilien après avoir fait enregistrer une démo grâce à l’aide d’un disquaire se verra rapidement propulsé au sommet. Les frères Cavalera ainsi qu’Andréas Kisser tapent dans le lourd ! Leur musique évolue entre thrash, death et punk hardcore, et on reconnaîtra l’influence importante de Slayer dans les premiers albums avant que n’arrive le brûlot qu’est Chaos A.D. . A l’écoute de l’album, et de ses appels sauvages à l’insoumission, on comprendra qu’alors il ne faisait pas forcément bon vivre au pays de la bossanova.

Cependant, ce serait présenter une facette musicale décalée de la réalité d’alors que d’insister sur ces groupes car le mainstream de l’époque n’avait pas à rougir des artistes et des morceaux diffusés. Je veux pour exemples,  les Counting Crows, leur album August & Everything After et le titre mille fois entendu Mr Jones, Cherub Rock des Smashing Pumpkins, Smash des Offsprings ou encore Basket Case de Green Day.

Alors tout juste sorti du collège, arrivant dans une cité scolaire de 5000 élèves, j’allais pouvoir grâce à la radio et aux nouvelles amitiés liées m’ouvrir complètement à la musique moderne de ma génération comme de la précédente. D’un coté les Doors, Led Zeppelin et les Beatles viendront croiser de l’autre Slayer, Megadeth, Metallica et Nirvana. Évidement entre les deux tout est possible.

Sauf que voilà, alors que nous suivons chacun les parcours musicaux qui nous construiront, la Dance est passée par là et la techno se développe en véritable culture musicale. Les sons technoïdes ont déjà fait leur apparition chez Nine Inch Nails mais c’est véritablement chez une jeune artiste islandaise que la sauce prend le mieux laissant apparaître une fraîcheur juvénile dans sa musique. Björk et l’album Debut, en 1993, sont un véritable OVNI pour l’époque. Cet album entérine définitivement l’utilisation des machines (et je ne parle pas de pauvres boîtes à rythme là !) dans la musique moderne. Et puis n’y a-t-il pas plus beau symbole que cette représentante d’une île perdue au milieu de l’Océan Atlantique pour  marquer la réappropriation d’un genre né en Europe grâce à des groupes comme Kraftwerk dans les années 70, développé outre Atlantique, dans les années 80, dans la ville de Détroit avant de revenir de ce coté ci de l’Atlantique dans les années 90.

Les différentes greffes semblent avoir prises et en 1994 c’est une véritable explosion de genres composites qui s’offrent à l’écoute.

Korn déboule sur la scène avec son nu-metal dont la basse claquante deviendra la signature du groupe. Le bassiste « Fieldy » est un fan de hip-hop et marque à l’aide des claquements de corde une rythmique proche de celle qu’il affectionne. Le batteur, David Silveria déteste les cymbales et se concentre sur une frappe lourde alors que le guitariste James « Munki » Shaffer fait jouer ses doigts sur une guitare Ibanez à sept cordes accordées un ton en dessous. Le style est au final assez rudimentaire mais le rendu est pesant à souhait voire dérangeant parfois. Cela sied parfaitement à Jonathan Davis, le frontman, qui s’en donne à cœur joie pour murmurer, rapper, geindre, hurler, éructer ou enfin poser sa voix mélodieuse sur des textes tout aussi sombres et dérangeants. Ce dernier a été victime d’abus sexuels dans sa jeunesse et les textes traitent inévitablement d’enfance maltraitée, de souffrance et de mort. A croire que nombre de jeunes s’y retrouvent car c’est un véritable carton qui aura le mérite de susciter ici et là un nombre important de vocations. Dès lors, un schisme quasi mystique s’instaure entre les True (adorateurs du Heavy Metal) et les False (les jeunes imbéciles adeptes de ce nouveau culte).

Pourtant, il suffit de regarder les groupes qui se révèlent alors pour comprendre. Les Beasty Boys, après avoir fait successivement du thrash (non concluant), du hardcore (non concluant) et du hip-hop (totalement outrageant !) sortent leur troisième album Ill Communication un fourre tout qui a le mérite de réunir toutes les expériences passées dans des morceaux alliant guitare-basse-batterie aux samples. Les trois sales gosses de Brooklyn refusent définitivement d’être classé dans un genre ou un autre se définissant eux-mêmes quelques années plus tard comme « The scientists of sound ».

Portishead initie de son coté le trip-hop auprès du grand public. Les influences de Portishead sont à chercher du coté de la new wave et du jazz plus que de celui du hip-hop même si les rythmiques lancinantes sont parcourues de samples et de scratches qui rendent l’atmosphère des titres si particulière. La mélancolie qui transparait est soutenue par la voix haut perchée et si délicieusement torturée de Beth Gibbons. En 1998, le groupe sortira un fantastique album live PNYC, enregistré dans la salle de Roseland à New York avec un orchestre symphonique de 35 musiciens. Le rendu est troublant et procure des frissons à chaque écoute, c’est une pure réussite qui marquera pour un temps l’évanescence du groupe.

Kyuss, formation de départ de Josh Homme (futur leader des Queens Of The Stone Age), se trouve être une sorte de Black Sabbath sous acides … ou autres psychotropes. La musique jouée est à la fois lourde, âpre et hypnotisante, comme si vous étiez en plein désert dans une sorte de trip chamanique (Blueberry ?). La voix lancinante de John Garcia y est sans doute pour beaucoup. Cela leur vaudra le titre de père fondateur du courant Stoner. Kyuss est le groupe culte par excellence, celui dont tout le monde a entendu parler mais dont personne n’achète les disques et pourtant Welcome To Sky Valley est véritablement l’objet précieux qu’il fallait avoir au milieu des années 90, un incontournable du genre.

En 1994 toujours, Beck  surgit aux USA. Ce jeune homme enregistre avec Karl Stephenson (Forest For The Trees) le titre Loser sur un huit pistes et connait un succès quasi immédiat. Dans son album Mellow Gold il associe avec brio le folk, le punk et le hip-hop ce qui en fera un des musiciens les plus courus de son époque.

Weezer sort son premier album. de Power/Pop. C’est quoi la power/pop me direz vous? La power pop c’est une musique ultra-mélodique mais fortement couillue qui ne se refuse pas grand chose ! Vous y retrouverez par exemple « My name is Jonas » morceau s’annonçant sur une guitare folk puis enchainant sur un riff bien lourd, une accélération, de l’harmonica, un ralentissement, tient une guitare folk et le tout sur 3’25. Le second titre est plus classique, un riff lourd, un chant acidulé sur un air facilement mémorisable. Ça pourrait être ça la définition de la power/pop. Prenons un autre morceau de cet album « Buddy Holly » pour ne pas le citer : riffs lourds, chant presque enfantin, une mélodie pop qui reste graver dans votre esprit… putain c’est un tube ça !!

Alors je vais pas faire tous les titres parce qu’ils déchirent tous un peu comme ça mais par contre je vais vous parler du dernier titre « Only in dreams », pierre angulaire de cet album, qu’il conclut de la plus belle des manières. Il s’agit d’un morceau de 8 minutes qui démarre tout tranquillement par la basse. Arrive ensuite la guitare qui disparait momentanément pour laisser la place au chant. Tout va bien ! On est là posé tranquillement, la guitare revient,  puis un gros riff bien lourd nous rappelle qu’il faudrait pas trop rêvasser. On reprend le même rythme on recommence et puis ben je ne sais pas trop ce qui se passe mais je sens que la tension monte, le chant aussi, un riff assez lourd surgit et puis des claquements de cymbales, tout s’accélère encore et encore… pour redescendre. La basse, une mélodie, ça gratte, on trottine, soudain on allonge la foulée, puis on se met à courir pour arriver au paroxysme et se laisser aller à une explosion guitaristique. Ce n’est ni plus ni moins que le morceau éjaculatoire de l’album qui vous laissera à votre petite mort. A vous de savoir si vous voudrez recommencer tout de suite ou si vous attendrez le lendemain. Quoi qu’il en soit, une fois que vous y aurez gouté, vous ne penserez qu’à recommencer !

Au même instant, en Angleterre se jouait une bataille féroce entre Blur et Oasis au niveau musical avant d’en arriver à une véritable rivalité d’égo. Blur sort l’album Parklife qui concentre la substantifique moelle de ce que sont le rock et la pop anglaise. La britpop a désormais son étendard. De son coté Oasis fait un véritable carton avec son premier album Definitely Maybe où les guitares saturées assurent le coté bestial de leur musique. Mais la Grande Bretagne nous réserve d’autres petites surprises comme Radiohead et l’album The Bends ou The Cranberries et No Need To Argue et le fabuleux titre Zombie. Qui n’a pas passé son temps à cette époque à répéter les paroles de cette chanson en pensant que la guerre était une sacrée saloperie !? Il était temps que cesse le conflit armé en Irlande du Nord !

Tout cela passait à la radio et on pouvait même entendre avec un peu de chance le dernier titre de Pantera, à l’origine un obscur groupe texan de Glam Metal, avant de virer dans une version encore plus musclée du thrash. I’m Broken symbolisait très bien la lourdeur qui commençait à s’installer. Et ce n’est pas le Metal surpuissant aux relents de hardcore de Machine Head qui me contredira. Leur premier album, Burn My Eyes, fait un carton en Europe où le groupe rencontre un succès immédiat. En 1994 le Metal venait de s’embarquer vers d’autres horizons quand le thrash semblait tomber alors en désuétude.

En France, tout particulièrement, s’impose Ben Harper avec son premier album Welcome To The Cruel World et sa guitare Weissenborn. Le son original de sa musique et les paroles engagées de ses chansons semblent plaire dans l’hexagone. Il y a du blues, de la soul, du rock et une flamme dans cette musique. Peut être la même flamme qui habite le groupe français No One Is Innocent et son album éponyme. Ce groupe incarne la frange révoltée et politisée du rock français et à l’époque la cassette tourne en boucle dans mon bon vieux walkman Sony. Je me souviendrais toujours de la programmatrice de Fun Radio expliquer à la télé qu’elle avait pris des risques en diffusant La Peau à une heure de grande écoute… Quel risque putain ? Mais quel risque !

Mais ces cinq premières années des nineties ne seraient pas ce quelles sont si elles n’avaient pas vu passer une étoile filante : Jeff Buckkey. Élevé par sa mère, Mary Guibert, une violoncelliste classique, il n’a jamais connu son père Tim Buckley. Dès l’âge de six ans il joue du piano et de la guitare et évolue dans un univers musical Rock’n’Roll. Le jeune homme s’installera quelques années plus tard à New York où il chante dans les bars comme le Bang ou le Sin-é. En 1993 il enregistre ce qui donnera l’album Grace sorti l’année suivante. Sa voix est magnifique et épouse merveilleusement les mélodies tourmentées sur lesquels ils posent des textes mélancoliques où l’amour semble la chose la plus difficile à conquérir et conserver. Alors que le succès était là, un soir, alors qu’il enregistrait son second album, un peu éméché, il se baigne dans le Mississippi et se fait emporter par une vague de fond. L’étoile filante vient de disparaître dans les profondeurs d’un fleuve chargé d’histoire… il l’a rejoint et rejoint par la même occasion les légendes du rock.

Il n’était donc pas possible de finir sur un autre morceau que sur la reprise de Leonard Cohen : Hallelujah

Par Fremen10.

~ par bioprof sur avril 20, 2012.

2 Réponses to “Story of Rock : Le ton se durcit, le son s’allourdit … il y aurait comme du larsen 1990 – 1994”

  1. Super article, vraiment!
    Ahlala Nirvana… Je les ai écouté pour la première fois à 10 ou 11 ans, je ne m’en souviens plus trop. Mon premier amour musical!

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