Top musical 2012

Bon, les gars !

Voici venu le temps des traditionnels tops de fin d’année. Commençons donc par nous intéresser aux offrandes musicales qui nous ont épargné une fin du monde aussi incertaine que la résurrection politique de François Bayrou.

Cette fois, j’ai laissé mon coté objectif lutter une sombre bataille contre ma part de subjectivité. En français cela signifie que j’ai mixé mon classement objectif des albums (en fonction des notes attribuées) avec mon classement lié aux statistiques d’écoutes. Et cela nous donne le Top 15 suivant :

15 – Anastasis de Dead Can Dance. Premier album du groupe culte Dead Can Dance depuis 16 ans. Brendan Perry et Lisa Gerrard reviennent avec un album aussi sombre que lumineux dont le nom judicieusement choisi signifie « résurrection ». Judicieusement choisi car les deux protagonistes ne renient en rien leurs racines passées du courant gothique tout en s’ouvrant toujours davantage aux musiques du monde. Cela en fait un album envoûtant et majestueux qui ne cesse d’interpeler l’auditeur attentif. Un beau voyage.

14 – Tragic Idol de Paradise Lost. C’est le 13ème album pour les British d’Halifax en 24 ans de carrière et force est de constater que le bon vin prend toutes ses saveurs en vieillissant. Riches de leur expérience passée ils nous entrainent sur la pente douce d’un metal gothique classieux et sévèrement burné. Oui monsieur ! Le clavier n’intervient jamais plus que de raison, distillant la touche éthérée de la mélodie.

13 – Black Traffic de Skunk Anansie. On va finir par croire que je donne dans le vintage, voire le revival, avec ce groupe de rock alternatif des années 90. Que nenni l’ami, c’est bien à un album de l’année 2012 qu’on a à se mettre sous la dent. L’album en lui-même n’est pas le meilleur de la discographie du groupe mais la prestation offerte au Zénith de Paris oblige à tenir compte de cette galette. Un bon moment à passer.

12 – Apocalyptic Love de Slash. Bon d’accord j’ai un petit coté nostalgique qui définitivement s’affiche avec l’ancien lead guitare de Guns’n’roses, bien que je n’ai jamais été un grand fan du groupe dans ma jeunesse. En attendant, le bougre revient avec un deuxième album perso qui nous réconcilie avec le hard rock et les belles envolées guitaristiques. Après l’avoir vu en live cette année je ne pouvais pas non plus ne pas le mettre dans le top. Énorme prestation, très bon son et un vrai moment de plaisir.

11 – Portal of I de Ne Obliviscaris. Bon, fini de rigoler. On attaque sur du lourd avec cet album de black symphonique.  Alors forcément il faut être en mesure de supporter le chant black et les avalanches de riffs qui vous bombardent tout en prêtant attention à ce violon incroyable et ces mélodies complexes qui nous rapprochent d’un metal progressif des temps modernes. Aujourd’hui, les jeunes groupes osent mélanger toutes leurs influences et il faut parfois de nombreuses écoutes pour saisir le sens d’un album. C’est d’autant plus vrai, ici, que le premier titre dure 12 minutes et pourrait laisser beaucoup d’entre nous sur le carreau alors qu’il est tout simplement sublime (si vous avez tenu les 3 premières minutes).

10 – Kin de Iamamiwhoami. Changeons totalement de registre pour nous retrouver dans un univers électro aux relents de trip-hop. La musique est froide et peut sans doute s’expliquer par l’origine suédoise du groupe. Il s’agit bien d’un groupe même si c’est Jonna Lee qui semble omniprésente. Il est intéressant de signaler que Kin est aussi bien une expérience musicale que visuelle et pour le coup je vous livre quelques exemples :

9 – Skelethon de Aesop Rock. Changeons encore une fois de registre pour aller faire un tour du coté de l’abstract Hip-Hop et d’un « album à la vibe indie-rock » (citation des inrocks). En ce qui me concerne j’adore les paroles, le flow et le son. L’ensemble nous plongeant dans un étrange univers dont on ne sait pas vraiment si on en ressortira indemne. Des paroles très métaphoriques qui pourtant parlent directement à votre cerveau (pour les bilingues qui s’assument).

Un petit aperçu :

8 – Everything Is Changing de Anneke Van Giersbergen. C’est de loin le meilleur album de l’ex-chanteuse, toujours aussi séduisante, de The Gathering. Un album de pop-metal assumé et léger qui vous donne la pêche de bon matin. Les collaborations répétées avec Devin Townsend y sont certainement pour beaucoup dans l’orientation musicale d’Anneke.

Le matin, quand je vois ça, je n’ai pas que la patate … :

7 – Yellow & Green de Baroness. Groupe américain de Sludge (comprenez par là de « metal vaseux » au sens musical du terme) qui nous offre ici un double album d’où le titre. Après deux EP (First et Second) et deux albums (Red et Blue) on ne s’étonnera pas trop du titre de cet opus. Non, on ne s’étonnera pas. En peu de temps le groupe n’aura eu de cesse de faire évoluer sa musique en partant du sludge le plus primitif, en passant par un sludge plus atmosphérique et plus progressif tout en gardant une lourdeur due au genre avant d’en arriver à un sludge plus léger et moins complexe aujourd’hui. Sans doute que la notoriété aidant ils se sont dit que vendre des disques étaient aussi un projet intéressant. Toujours est il que même si cet album est largement accessible au plus grand nombre il reste fortement couillu. De toutes façons, Baroness est un groupe qu’il faut voir en concert tellement l’expérience est puissante.

6 – (Mankind) The Crafty Ape de Crippled Black Phoenix. Entre Rock, Post-Rock, Psychedelic et Progressif, Crippled Black Phoenix est un de ces super-groupes qui séduisent depuis quelque temps déjà. Comptant dans ses rangs des anciens membres de Iron Monkey, Mogwaï et Electric Wizard (entre autres), CBP sort donc en 2012 son cinquième album. Et comme pour le précédent groupe, il s’agit d’un double album. Les plus mélomanes reconnaitront aisément les influences de Pink Floyd, ou encore de King Crimson, aussi bien musicalement que sur l’engagement des paroles. La longueur de l’album peut toutefois le rendre difficile à assimiler. Il vous faudra donc de nombreuses écoutes pour appréhender complètement cette œuvre.

5 – Tangerine Dream de Miss Li. Voilà un album pop venu tout droit de suède (une fois encore), qui vaut définitivement le détour. C’est drôle, léger, hyper bien foutu, bénéficiant d’une super production et d’une chanteuse exceptionnelle à la voix fort intéressante. On a le droit à des influences jazzy. On peut également y voir des influences du rock des 60’s comme sur le morceau « Golden Retriever » où les chœurs vous feront irrémédiablement penser au Beach Boys et à la chanson Wouldn’t it be nice de l’album Pet Sounds (ou encore à ceux du titre plus tardif Surfin’ USA).

 

4 – Epicloud de Devin Townsend. Devin est un génie. Comme tous les génies, parfois il se perd, parfois il nous perd, mais au final, il nous offre la somme d’un travail de recherche monstrueux. Construire, déconstruire, superposer, essayer, mélanger ce sont toutes les actions que réalise Devin dans cet album, poussant le chant de Anneke Van Ginsbergen jusqu’à son maximum. Est-ce encore du metal ? Est-ce déjà de la pop ? Une seule chose est sûre, c’est encore de la musique.

3 – Weather System de Anathema. C’est beau, c’est planant, c’est bien écrit… On s’élève, on voyage, on perd pieds pour mieux revenir à une dure réalité. Un des sommets du genre. Le metal atmosphérique, et Anathema en particulier, a encore des choses à dire.

2 – Pandora’s Pinata de Diablo Swing Orchestra. La folie vous gagne. Des rythmes latinos endiablés au chant féminin envoûtant, tout est possible. Le metal avant-garde est là pour vous prendre et vous surprendre. Ce groupe suédois est encore plein de promesses.

1 – RIITIIR de Enslaved : Enslaved c’est 21 ans d’existence et un 12ème album qui touche au divin. Les titres sont toujours déchirés entre rage et mélancolie, chant growlé et chant clair. Mais s’il n’y avait que ça, ce ne serait pas suffisant pour nous faire approcher le nirvana. Forts de leur expérience, les norvégiens nous délivrent un black metal progressif tout en nuances où ne cesse de souffler le vent du nord dont on ne s’étonnerait pas de voir jaillir quelques vikings sortis d’une faille spatio-temporelle. Entre passage planant pris dans le blizzard et cavalcade mortifiante il n’y a que peu de temps pour se reposer. En fait, c’est un vrai chef d’œuvre que nous ont livré les vikings d’Enslaved !

~ par bioprof sur décembre 29, 2012.

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