Parlons BD : La troisième salve sera la bonne.

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Amies de la bulle et de l’onomatopée, amis du phylactère et du strip (-tease), n’en doutez pas ce quatrième et dernier article, sur mon accession à cette passion sans cesse renouvelée, qui m’habite, vous est tout particulièrement adressé.

En septembre 2004 je peux désormais me venter d’être en possession d’un CAPES de SVT et d’être professeur certifié, stagiaire. Oui monsieur ! Désormais fonctionnaire, je sais que chaque mois ce n’est plus le ciel qui risque de me tomber sur la tête mais un salaire dans la poche. Fort de ce nouveau statut je me vois dans l’obligation de déménager dans cette douce ville du Mans aux alentours de laquelle je devrais faire mes preuves.

J’en profite donc, une fois installé, pour reprendre une habitude d’étudiant débraillé : Aller à la FNAC du coin pour me lire des BD. Dans la foulée, j’en profite également pour terminer ma collection du Décalogue et en commencer une nouvelle …

Cette nouvelle série… ce sera « Le Scorpion »

Évidemment, avec une paye de 1435 euros environ on ne peut pas non plus se permettre de tout acheter. Du coup j’ai maraudé un peu dans les rues du Mans à la recherche d’un lieu rare : le magasin d’occasion. Cette initiative fut récompensée car non loin de mon appartement je suis tombé sur une boutique qui ne payait pas de mine, certes, mais fut pleine de bonnes surprises.

La meilleure surprise fut de trouver une série de Manga nommée Hoshin (de type shônen, c’est à dire un manga pour jeune garçon) dans sa quasi intégralité. Il ne me restait plus qu’à venir acheter deux ou trois tomes, une à deux fois par semaine.

La deuxième surprise fut de trouver les 6 premiers tomes de la série Berserk. On peut parler de manga de type Seinen, plus orienté vers un public adulte. Là, on découpe, on massacre, on viole, on dépucèle sans se soucier de choquer ou non. Cette série aujourd’hui rendue au tome 35 est une sorte de condensé de l’Héroïc Fantasy horrifique reprenant au fur et à mesure des albums les grands thèmes du fantastiques tels que le sacrifice, les elfes, les sorcières, les fantômes, etc… Le malheur de ce manga est d’être long, trop long et de finir par tourner en rond.

Le fait est que les mangas d’occasion ne m’avaient quasiment rien couté (entre 4 et 6 euros le tome dans mes souvenirs) et j’avais sérieusement pris mon pied à la lecture de ces BD qui m’étaient offertes sous un autre format. Du coup, je n’ai pu résister à me lancer dans une troisième série encore de type Seinen. Gantz est le genre qui défouraille sévère, dans un univers S-F délirant, et laissant la part belle aux fantasmes masculins, nippons.

Toujours est il qu’après la lecture d’une bonne tripotée de Manga j’éprouvai le besoin de revenir à ce que j’aime le plus : la BD franco-belge.

Cependant, il n’est pas toujours facile de trouver de quoi vous plaire. On pense à changer de style, on veut une jolie collection, de beaux dessins et puis au final on hésite.

Pour le coup, c’est le hasard qui fit bien les choses. En effet, c’est un collègue de français, de l’établissement dans lequel je sévissais alors, qui m’a conseillé Sambre, d’Yslaire. Un auteur que je connaissais pour XXème ciel et qui m’avait beaucoup plu à l’époque.

J’étais passé voir bosser mon collègue avec ses élèves. Ces derniers travaillaient dans un calme que j’enviais farouchement, à l’époque. Quand on débute on prend cher… et pis c’est tout. Les mômes travaillaient sur une planche d’un album de Sambre qu’ils devaient visiblement faire se poursuivre. Mon collègue en a donc profité pour m’expliquer toute la dimension romantique de l’œuvre et à quel point le dessin était merveilleux.  Je pouvais le constater par moi-même malgré l’agression de la photocopieuse.

Ni une ni deux, le week-end suivant, je retournai à la FNAC du coin, que je n’avais pas visitée depuis un bon moment, pour aller m’acheter les 3 ou 4 premiers tomes. Je dois bien avouer que je ne me souviens plus très bien ! Toujours est il que je n’ai jamais regretté de m’être engouffré dans cette histoire s’étalant au final sur plusieurs générations.

Profitons d’un court instant pour voir Yslaire s’adonner au dessin avec un simple stylo à bille.

Bien entendu je n’en suis pas resté là ! Je me suis lancé dans une autre aventure peu de temps après. Je me suis attaqué au « Sommeil du monstre » de Enki Bilal dont j’avais déjà lu le premier tome. J’ai été subjugué par ses dessins autant que par l’histoire et ce rythme lent et lancinant qui habitait les albums. Je me suis immédiatement demandé si c’était son style, sa marque de fabrique …

J’ai tout de suite repris cette vieille manie d’explorer un auteur sur son œuvre et me suis mis en quête de trouver ses premiers albums. J’ai tout de suite pensé à mon magasin fétiche et y ai trouvé l’intégral des « Légendes d’aujourd’hui ». Le dessin était radicalement différent. Il s’agissait d’un style plus réaliste avec de nombreuses hachures. Un trait plus précis, plus détaillé, moins explosif qui ne vous prend pas autant aux tripes mais qui impressionne quoi qu’il arrive.

Après m’être délecté de cet énorme pavé je me suis attelé à la suite. « Les phalanges de l’ordre noir » sont dans ce même style et j’ai tout de suite été captivé par l’histoire. J’ai vraiment accroché à cette idée que le monde était en train de changer, que rien ne serait plus comme avant. Mais quelques anciens étaient encore là pour se rappeler et pour résister…

Phalanges de l’ordre noir (Les) – Enki Bilal ; Pierre ChristinEn plein hiver, un petit village d’Aragon, en Espagne, est entièrement détruit et ses habitants assassinés. La tuerie est revendiquée par les Phalanges de l’Ordre Noir au nom des « valeurs de l’Occident chrétien ». Jefferson B. Pritchard, journaliste au Daily Telegraph de Londres et ancien de la XVe Brigade internationale reconnaît parmi les membres du commando les ennemis qu’il a combattus pendant la guerre d’Espagne dans ce même village.
J’ai continué dans la chronologie pour m’attaquer à « Partie de chasse », album racontant cette fin du XXème siècle au travers de la dégénérescence  du régime communiste, à l’est.

Toujours en fouinant de-ci de-là dans ma boutique préférée je réussis à dénicher un intégral de la trilogie Nikopol et retrouvais alors les prémisses des dessins et du style rencontré dans Le Sommeil du monstre. L’univers construit par Bilal est toujours entre le poétique et le chaotique entre l’éthérée et le palpable entre le repoussant et l’intriguant.

La plongée dans ces univers puissants et stylisés ainsi que cette rencontre avec des auteurs marquant avec force leur identité m’a définitivement accroché à l’univers de la bande dessinée. Et jusqu’à aujourd’hui, cette passion continue de me dévorer.

Par Fremen10

~ par bioprof sur mai 24, 2013.

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