Sécurité informatique

•juillet 12, 2013 • Laisser un commentaire

1984

Possesseurs d’ordinateurs connectés à internet, de tablette ou de smartphone dernier cri, cet article vous concerne.

Depuis les révélations de l’ancien analyste de la National Security Agency (NSA), Edward Snowden, sur l’utilisation d’un logiciel nommé Prism, il règne une certaine émotion aussi bien chez le simple citoyen que chez les décideurs de ce pays. Le fait que des écoutes aient été opérées sur les membres du parlement européen ou même sur des représentants français à Washington n’étonneront, en fait, que les plus naïfs.

De quoi s’agit-il concrètement ? Tout simplement d’une surveillance très poussée des moyens de communication numériques (liés à Internet ou aux réseaux de téléphonie mobile) grâce à la collecte et à l’analyse, depuis des années, des données laissées en ligne par des millions de personnes aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde.

Prism fonctionne comme un moteur de recherche permettant à la NSA d’interroger une masse de données et de métadonnées, agrégées, considérable, et ce, quasiment en temps réel, afin de rechercher un nom, un lieu, une date, etc., dans les mails, messages instantanés, communications vidéos ou autres documents.

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Il se trouve que ce logiciel jouit d’une sorte d’accès privilégié aux services des entreprises suivantes (sans pour autant passer par des backdoors (portes dérobées) selon ces mêmes entreprises) : l’opérateur téléphonique Verizon, AOL, Apple, Facebook, Google, YouTube, Microsoft, Skype, Paltank et Yahoo!.

Alors forcément si on est utilisateur du moteur de recherche de Google, qu’on possède un compte Gmail et qu’on utilise youtube et d’autres services de Google sous un système d’exploitation Ios (Apple) ou Windows (Microsoft) et qu’en plus on possède un compte Facebook on a de quoi tirer la gueule. Si vous travaillez dans une grande entreprise et que celle-ci est stratégique (Airbus par exemple) on tire la gueule deux fois plus !!

Du coup, la chaine Youtube ThinkerView a interviewé Eric Filiol durant Hack In Paris 2013 et lui a demandé de nous en toucher deux mots. Ce monsieur est un ponte en cryptologie, cryptanalyse et virologie informatique. Il a travaillé pour la DGSE et est maintenant professeur-chercheur et chef de laboratoire de virologie et de cryptologie informatique. Autant dire que le bonhomme sait de quoi il parle et que c’est donc bien plus important de l’écouter lui que de devoir se taper une dizaine d’articles de journaux dans lesquels il faut faire la part des choses et réaliser soi-même une synthèse pour en tirer quelque chose de convenable.

Merci à ThinkerView pour cet entretien.

Lors de l’échange avec Eric Filiol il y a plusieurs éléments qui m’ont marqué dans son discours :

  • Son discours est celui d’un militaire, de quelqu’un de raisonnable, attaché à la loyauté (et d’un nostalgique du Général de Gaulle, à tort ou à raison).
  • Il parle avec franchise, s’appuie sur des faits et se montre clairement pragmatique.
  • Il fait un constat terrible qui pourrait également s’appliquer au monde de l’éducation.
  1. Il y a un problème de formation de nos élites qui privilégient toujours les sciences humaines, la littérature et l’économie face aux sciences et techniques. C’est quelque chose que je ne cesse de répéter à mes élèves quand on discute développement durable et prise de décisions. Ces dernières sont faites par des ignorants au sens premier du terme.
  2. Les décideurs ne s’entourent pas des bonnes personnes. Ici il parle des hackers qui ne sont pas assez sollicités et dans l’E.N ont pourrait parler des profs compétents qui sont toujours en poste devant élèves.
  3. Il existe un problème de lobbying et notamment avec le géant Microsoft. Voilà un article [FR] qui illustre cet exemple dans le monde de l’éducation.

Eric Filiol cite également le site https://prism-break.org/ [EN] comme moyen d’instruire à l’utilisation prudente des technologies numériques et pour trouver des solutions alternatives.

Je vais ici vous aider à débroussailler un peu pour ceux qui trouveraient cela fastidieux en leur donnant des exemples que j’utilise personnellement. Pour une meilleure compréhension je suivrai l’ordre donner par le site :

  1. J’utilise Firefox comme moteur de recherche.
  2. J’ai ajouté à Firefox Adblock plus et Ghostery ou Adblock plus et Disconect selon mon système d’exploitation.
  3. Comme alternative au moteur de recherche de Google j’utilise Qwant [FR] qui est français et particulièrement puissant (Il peut être installé dans la barre de recherche en haut à droite dans firefox).
  4. Pour Google Maps le site vous propose OpenStreetMap qui n’est évidemment pas encore au niveau du premier cité.
  5. Pour ce qui est de la messagerie instantanée j’ai utilisé de très nombreux logiciels avant de définitivement me tourner vers Pidgin (que je n’utilise plus que très accessoirement).
  6. Je n’ai jamais eu de compte Skype et une fois racheté par Microsoft autant vous dire que ça me tentait encore moins. N’ayant pas utiliser de service de ce genre je ne donnerai aucun avis.
  7. J’ai malheureusement succombé comme beaucoup à Facebook (par facilité) mais je continu de jeter un œil vers diaspora qui, lui, peine à aboutir. Si ça vous intéresse la mairie de Paris à mis en ligne une application qui sous la forme d’un jeu permet de voir le niveau de protection de vos informations publiées sur Facebook, sur le net. Cela ne protège de rien mais contribue à être sensibilisé sur ses données personnelles.
  8. En ce qui concerne le stockage dans le cloud je possède plusieurs solutions telles que Hubic (développé par OVH qui est une entreprise française) ou Ubuntu One.
  9. Pour le travail collaboratif je proposerai bien Framapad [FR] mais si tout le monde venait à se ruer sur cette solution je ne suis pas sûr que les serveurs seraient en mesure de suivre.
  10. Pour la plateforme de publication un blog wordpress hébergé sur son propre site reste à mes yeux une des meilleures solutions.
  11. En terme de service Email j’ai depuis longtemps laissé ma boite hotmail qui ne se remplit plus que de publicités. Je n’utilise aucun des services proposés et m’abstiendrai donc de donner un avis.
  12. Je n’utilise pas de service permettant de rapatrier mes mails même si j’ai installé Mozilla thunderbird sous windows XP et Evolution (de base) sous Ubuntu GNU/Linux
  13. Je n’utilise pas de service d’encryptage ni de service de payement en ligne !
  14. Je préconise sur les téléphones android d’installer une ROM CyanogenMod
  15. J’ai deux systèmes d’exploitation (la compatibilité de certains logiciels de l’Educ Nat oblige). Un Windows Xp qui fonctionne convenablement et la dernière version de Ubuntu Gnu/Linux LTS (Long Time Support)

Un peu de sécurité ne fait jamais de mal !

Par Fremen10.

Parlons BD : La troisième salve sera la bonne.

•mai 24, 2013 • Laisser un commentaire

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Amies de la bulle et de l’onomatopée, amis du phylactère et du strip (-tease), n’en doutez pas ce quatrième et dernier article, sur mon accession à cette passion sans cesse renouvelée, qui m’habite, vous est tout particulièrement adressé.

En septembre 2004 je peux désormais me venter d’être en possession d’un CAPES de SVT et d’être professeur certifié, stagiaire. Oui monsieur ! Désormais fonctionnaire, je sais que chaque mois ce n’est plus le ciel qui risque de me tomber sur la tête mais un salaire dans la poche. Fort de ce nouveau statut je me vois dans l’obligation de déménager dans cette douce ville du Mans aux alentours de laquelle je devrais faire mes preuves.

J’en profite donc, une fois installé, pour reprendre une habitude d’étudiant débraillé : Aller à la FNAC du coin pour me lire des BD. Dans la foulée, j’en profite également pour terminer ma collection du Décalogue et en commencer une nouvelle …

Cette nouvelle série… ce sera « Le Scorpion »

Évidemment, avec une paye de 1435 euros environ on ne peut pas non plus se permettre de tout acheter. Du coup j’ai maraudé un peu dans les rues du Mans à la recherche d’un lieu rare : le magasin d’occasion. Cette initiative fut récompensée car non loin de mon appartement je suis tombé sur une boutique qui ne payait pas de mine, certes, mais fut pleine de bonnes surprises.

La meilleure surprise fut de trouver une série de Manga nommée Hoshin (de type shônen, c’est à dire un manga pour jeune garçon) dans sa quasi intégralité. Il ne me restait plus qu’à venir acheter deux ou trois tomes, une à deux fois par semaine.

La deuxième surprise fut de trouver les 6 premiers tomes de la série Berserk. On peut parler de manga de type Seinen, plus orienté vers un public adulte. Là, on découpe, on massacre, on viole, on dépucèle sans se soucier de choquer ou non. Cette série aujourd’hui rendue au tome 35 est une sorte de condensé de l’Héroïc Fantasy horrifique reprenant au fur et à mesure des albums les grands thèmes du fantastiques tels que le sacrifice, les elfes, les sorcières, les fantômes, etc… Le malheur de ce manga est d’être long, trop long et de finir par tourner en rond.

Le fait est que les mangas d’occasion ne m’avaient quasiment rien couté (entre 4 et 6 euros le tome dans mes souvenirs) et j’avais sérieusement pris mon pied à la lecture de ces BD qui m’étaient offertes sous un autre format. Du coup, je n’ai pu résister à me lancer dans une troisième série encore de type Seinen. Gantz est le genre qui défouraille sévère, dans un univers S-F délirant, et laissant la part belle aux fantasmes masculins, nippons.

Toujours est il qu’après la lecture d’une bonne tripotée de Manga j’éprouvai le besoin de revenir à ce que j’aime le plus : la BD franco-belge.

Cependant, il n’est pas toujours facile de trouver de quoi vous plaire. On pense à changer de style, on veut une jolie collection, de beaux dessins et puis au final on hésite.

Pour le coup, c’est le hasard qui fit bien les choses. En effet, c’est un collègue de français, de l’établissement dans lequel je sévissais alors, qui m’a conseillé Sambre, d’Yslaire. Un auteur que je connaissais pour XXème ciel et qui m’avait beaucoup plu à l’époque.

J’étais passé voir bosser mon collègue avec ses élèves. Ces derniers travaillaient dans un calme que j’enviais farouchement, à l’époque. Quand on débute on prend cher… et pis c’est tout. Les mômes travaillaient sur une planche d’un album de Sambre qu’ils devaient visiblement faire se poursuivre. Mon collègue en a donc profité pour m’expliquer toute la dimension romantique de l’œuvre et à quel point le dessin était merveilleux.  Je pouvais le constater par moi-même malgré l’agression de la photocopieuse.

Ni une ni deux, le week-end suivant, je retournai à la FNAC du coin, que je n’avais pas visitée depuis un bon moment, pour aller m’acheter les 3 ou 4 premiers tomes. Je dois bien avouer que je ne me souviens plus très bien ! Toujours est il que je n’ai jamais regretté de m’être engouffré dans cette histoire s’étalant au final sur plusieurs générations.

Profitons d’un court instant pour voir Yslaire s’adonner au dessin avec un simple stylo à bille.

Bien entendu je n’en suis pas resté là ! Je me suis lancé dans une autre aventure peu de temps après. Je me suis attaqué au « Sommeil du monstre » de Enki Bilal dont j’avais déjà lu le premier tome. J’ai été subjugué par ses dessins autant que par l’histoire et ce rythme lent et lancinant qui habitait les albums. Je me suis immédiatement demandé si c’était son style, sa marque de fabrique …

J’ai tout de suite repris cette vieille manie d’explorer un auteur sur son œuvre et me suis mis en quête de trouver ses premiers albums. J’ai tout de suite pensé à mon magasin fétiche et y ai trouvé l’intégral des « Légendes d’aujourd’hui ». Le dessin était radicalement différent. Il s’agissait d’un style plus réaliste avec de nombreuses hachures. Un trait plus précis, plus détaillé, moins explosif qui ne vous prend pas autant aux tripes mais qui impressionne quoi qu’il arrive.

Après m’être délecté de cet énorme pavé je me suis attelé à la suite. « Les phalanges de l’ordre noir » sont dans ce même style et j’ai tout de suite été captivé par l’histoire. J’ai vraiment accroché à cette idée que le monde était en train de changer, que rien ne serait plus comme avant. Mais quelques anciens étaient encore là pour se rappeler et pour résister…

Phalanges de l’ordre noir (Les) – Enki Bilal ; Pierre ChristinEn plein hiver, un petit village d’Aragon, en Espagne, est entièrement détruit et ses habitants assassinés. La tuerie est revendiquée par les Phalanges de l’Ordre Noir au nom des « valeurs de l’Occident chrétien ». Jefferson B. Pritchard, journaliste au Daily Telegraph de Londres et ancien de la XVe Brigade internationale reconnaît parmi les membres du commando les ennemis qu’il a combattus pendant la guerre d’Espagne dans ce même village.
J’ai continué dans la chronologie pour m’attaquer à « Partie de chasse », album racontant cette fin du XXème siècle au travers de la dégénérescence  du régime communiste, à l’est.

Toujours en fouinant de-ci de-là dans ma boutique préférée je réussis à dénicher un intégral de la trilogie Nikopol et retrouvais alors les prémisses des dessins et du style rencontré dans Le Sommeil du monstre. L’univers construit par Bilal est toujours entre le poétique et le chaotique entre l’éthérée et le palpable entre le repoussant et l’intriguant.

La plongée dans ces univers puissants et stylisés ainsi que cette rencontre avec des auteurs marquant avec force leur identité m’a définitivement accroché à l’univers de la bande dessinée. Et jusqu’à aujourd’hui, cette passion continue de me dévorer.

Par Fremen10

Parlons BD : Le travail de l’artiste.

•mai 11, 2013 • Laisser un commentaire

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Hey, Dupinceau,

Comme on n’est jamais à l’abri d’un grincheux venant grogner sur votre blog, pour vous reprocher de parler de vous (c’est mon blog connard), et que cette série d’articles traite effectivement d’un parcours dans la construction d’un rapport à la bande dessinée, il était important de donner la parole à ceux qui les réalisent.

Il était intéressant de se pencher du coté de la technique. Pour cela, il faut d’ores et déjà remercier Philippe Jarbinet, auteur de la série Airborne 44. Bien lui en a pris d’avoir mis en ligne, sur Youtube, une partie du travail mené pour la réalisation de la planche 6, du tome5, en couleur directe (aquarelle directe).

Si vous avez trois heures de temps devant vous c’est parti. Pour les autres, la vidéo est découpée en quatre parties. Les trois premières étant d’environ 50 minutes cela  vous donne l’occasion de suivre son travail, et ses indications fortes instructives, en plusieurs fois.

Ici, nous prenons le temps.

Pour en savoir plus sur Philippe Jarbinet, et la série Airborne 44, il y a ce très bon entretien réalisé par le site BDGest.

Par Fremen10

Parlons BD : Deuxième salve ou la redécouverte

•mai 9, 2013 • Laisser un commentaire

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Amies de la bulle et de l’onomatopée, amis du phylactère et du strip (-tease), cet article est encore pour vous.

Dix ans après ma première vraie rencontre avec le monde du 9ème art je devais y revenir par le fruit du hasard et de la nécessité.

En effet, en 1998, après avoir piteusement foiré ma première année de fac de sciences je me devais de m’occuper instamment. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement parce que j’avais validé un nombre important de mes modules du premier semestre (tous sauf un, en fait). Je me suis alors investi de la mission de suivre les cours de deuxième année. Me voilà donc à partager mon temps entre, les cours de 2ème année, mes 3 heures de T.P de biologie, animale ou végétale, hebdomadaires, et beaucoup de temps libre.

J’ai donc décidé d’aller me vautrer à la FNAC du coin que j’ai rapidement fini par squatter quatre à cinq jours par semaine. Au début je regardais mais je n’avais pas (et n’ai toujours pas) la fibre acheteuse et j’ai donc grimpé les étages pour me retrouver aux rayons livres et dans le coin BD. Pas évident de lire un livre en une ou deux heures de temps … Alors que des BD …

Inévitablement, dans une grande pièce où se trouvent beaucoup de personnes, vous vous dirigez le plus souvent vers quelqu’un qui vous est familier et c’est exactement ce que j’ai fait.

Je me suis dirigé vers Alef-Thau, une série de mon enfance que mon père avait pris l’habitude de me ramener de la bibliothèque de son entreprise. Au scénario officiait un certain Alexandro Jodorowsky, un nom qui ne m’était pas étranger. Et pour cause, c’était le même qui avait été à la manœuvre sur L’incal. Je ne pouvais pas oublier le héros John Difool (John The Fool –> John le fou).

Alef-Thau

Alef-Thau pleure-t-il du bon œil ?

Je relus Alef-Thau et l’histoire de cet enfant tronc partant à la quête de membres. Comme dans toutes quêtes d’autres membres le rejoignent. Suis-je bien claire ? La métaphore était tellement réussie que je n’avais jamais cessé d’adhérer à cette quête d’identité et ce jusqu’à la fin de la série, et du rêve, en  1998.

J’ai alors re-dévoré L’Incal, comprenant désormais des éléments passés jusqu’alors sous silence. J’y ai vu le coté éminemment subversif et transgressif. J’ai alors cherché à perpétuer ce plaisir en abordant, la série Avant L’incal  sur laquelle officiait Zoran Janjetov au dessin. Une fois que j’eus absorbé cette histoire, j’ai poursuivi par, La Caste des Méta-barons avec les dessins fabuleux de Gimenez et, Les Technopères avec de nouveau Janjetov au dessin.

J’étais alors dans une science-fiction très sombre et il me fallait m’en évader pour retrouver un peu de lumière. Au rythme de 2 à 3 BD par jour il devenait de toutes façons urgent d’élargir le chant de mes connaissances.

Fidèle à moi-même j’appliquai donc scrupuleusement la même méthode que précédemment et je commençai par relire les aventures fantastiques de Thorgal, Aaricia, Jolan et Louve pour finalement retenir un prénom, qui me suit, encore aujourd’hui, dans mes pensées, celui d’Alinoë. J’ai avalé rapidement les 23 tomes déjà sortis à l’époque et me suis rabattu sur les autres séries de Jan Van Hamme, c’est à dire XIII et son héros amnésique et Largo Winch et ses histoires de fric. La conclusion de tout cela c’est que Jan Van Hamme est un incroyable scénariste sachant instiller une intrigue, maintenir le suspens et vous tenir en haleine sans vous lasser. Évidemment, au bout d’un moment, lorsqu’on connait bien son travail on peut regretter qu’il tire toujours sur les mêmes ficelles.

Toujours est il que plus vous vous nourrissez de culture et d’imaginaire et plus votre appétit grandit. C’est ce qui m’est fatalement arrivé et je fus pris d’une véritable boulimie. Et comme on étanche sa soif il me fallut étendre rapidement mon champ d’action allant à la découverte de l’héroïc fantasy ou de la BD historique.

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Couverture du Ier tome du Troisième Testament.

C’est comme cela que j’ai découvert une de mes BD préférées, Le Troisième Testament, de Xavier Dorison au scénario et Alex Alice au dessin. C’est en lisant les deux premiers tomes alors parus que j’ai compris que la BD d’aujourd’hui (en 1998) était différente, que l’histoire de Conrad de Marbourg et d’Elisabeth D’Elsenor pouvait transporter bien plus encore qu’un simple rêve, une intrigue, un univers particulier mais également un style de narration, une ambiance, des interrogations et un réalisme fou. J’ai donc adoré cette balade à la fois historique, fantastique et mystique mais également stylistique. J’avais trouvé là un mètre-étalon.

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Couverture du premier tome d’Atalante.

Quand vous êtes pris dans une histoire, une époque une ambiance et que vous devez attendre un long moment avant d’y retourner il faut trouver un moyen de ne pas gâcher l’expérience. De ce fait, j’ai résolument opté pour un autre univers et je suis tombé sur Atalante et Kookaburra de Crisse. Vous l’aurez compris j’ai conservé la même méthode d’exploration de la BD. Atalante est une série d’Héroïc Fantasy antique et Kookaburra une série S-F mystique. Dans ces deux séries les dessins sont plus ronds, peut être plus enfantins, mais les deux histoires qui se poursuivent encore aujourd’hui sont en fait dramatiques. Nous faisons face à deux tragédies grecques dont l’une s’est muée en Space-opéra et c’est bien cette rondeur des personnages qui aide à faire passer la pilule aux enfants, il me semble.

C’est également à la fin de l’année 1998 que je découvre Sillage, une série qui débute juste. Je tombe raide dingue de son héroïne, Nävis. Le scénario est lié à l’esprit de Jean-David Morvan et le dessin est entre les mains de Philippe Buchet.

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Nävis, au tout début du premier album de Sillage.

On peu dire qu’à la fin de cette année 1998, je suis repu et que j’ai enfin rattrapé le retard pris en une dizaine d’années. Ça tombe plutôt bien car j’ai plus de boulot qui m’attend pour le second semestre. De fait je n’aurai plus qu’à passer une fois par semaine pour maintenir le rythme, le cap et se tenir au courant des différentes sorties. Désormais je n’aurai plus qu’à lire le nouveau Sillage, Thorgal, Largo Winch, XIII, …

Dès lors je me sens tellement à l’aise avec les différents styles de bandes dessinées que je n’hésite pas à en offrir à mes proches et même à ma petite amie du moment. Celle-ci, en lisant les albums en ma possession m’avait expliquer ne pas savoir qu’elle était vraiment son style de prédilection. La plupart du temps elle trouvait les BD bien, sans plus. Pfff… les gonzesses. Alors, pour Noël, je lui ai offert Le Sursis, une histoire d’amour avec un héros résistant, pendant la seconde guerre mondiale. Le personnage féminin, Cécile, est dessinée de façon délicate, subtilement éclairée, ce qui la rend véritablement sublime. Le résultat était couru d’avance : l’enchantement. Pfff… Un peu de romantisme et on s’enflamme.

De mon coté, je poursuis l’exploration des genres en évitant de lire des albums trop proches de ceux que je suis déjà. C’est l’occasion de tenter les Mangas (version japonaise de la bande dessinée). Je tombe alors sur  Gunnm de Yukito Kishiro, véritable chef d’œuvre du cyber-punk. En plus, j’ai de la chance car la série est achevée. Je sais désormais que le Manga peut, lui aussi, avoir toutes ses lettres de noblesses même si aujourd’hui nous sommes abreuvés de séries fleuve qui s’essoufflent au fur et à mesure du récit.

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Gally, personnage principale, ici rêveuse.

Cherchant toujours à éviter, de près ou de loin, les ersatz de mes séries phares je m’orientai alors vers les BD humoristiques comme Bill Baroud de Manu Larcenet ou renouai avec la Rubrique-à-brac de Gotlib que j’avais bien lu, il y a un temps de cela, mais qui j’avoue m’avait laissé de marbre, inculte que j’étais alors. Avec ces conneries j’ai fini par acheter, un peu comme un snack, certaines parutions du journal Fluide Glacial. D’excellents coupes-faim ayant le don de vous mettre de bonne humeur. Quelques années plus tard alors que je serai en train de préparer mon CAPES je ne m’étonnerai même pas de voir la coccinelle de Gotlib dessinée sur mes polys de cours. L’un de nos profs était fan.

coccinelle

De fait, après autant de pérégrinations et de dégustations j’avais désormais l’éducation nécessaire pour apprécier une série comme Lanfeust de Troy dans laquelle Arleston et Tarquin redoublent de talent pour tourner en dérision les codes de l’héroïc fantasy et nous abreuver en calembours et autres blagues potaches. J’y vois les références multiples et chaque album nécessite de passer du temps pour tout décortiquer. C’est une BD de geek dirait-on aujourd’hui. En fait, c’est l’œuvre de deux artistes ayant totalement absorbé les codes du genre et sachant les détourner à leur guise. En 2001, je profiterais d’une amie pour avoir l’occasion de lire l’ensemble des albums chez elle en se marrant tous les deux à l’énoncé des gags. La BD c’est aussi le partage !

Hébus... Troll

Fallait pas rater l’Hébus.
C’est un troll Hébus !

2001 c’est également l’année où sort le premier tome de la série Sanctuaire avec Xavier Dorison au scénario et Christophe Bec au dessin. Cette série du genre fantastique va me pousser dans d’autres bras. Sha de Mills et Ledroit renoue avec le coté sombre que j’avais maintenu un temps à distance. Mais cette fois je n’ai plus de problème à varier les genres me tournant d’une part vers Le Décalogue et son intrigue véritablement prenante puis d’autre part vers La quête de l’oiseau du temps de Loisel, BD au coté enfantin mais faussement innocent.

En 2001, toujours, j’acquiers un ordinateur pour mes études qui au final m’entraine vers le gavage de mon disque dur, en films, musiques et autres. Se nourrir de culture, s’ouvrir de nouvelles portes vers des mondes inexplorés, vous entraine inexorablement à franchir de nouveaux paliers.
En 2003, la culture m’appelait, Dune de Frank Herbert m’appelait aussi, ainsi que mes études, figurez-vous !

Je devais laisser encore pour un temps … plus court celui-là, le monde des cadres , des phylactères et autres onomatopées pour me concentrer sur celui des schémas, des formules et du vocabulaire scientifique.

Mais, je reviendrai …

Par Fremen 10

P.S : Certains voudront certainement me lapider pour ne pas avoir lu Les Chroniques de la lune noire ou Aquablue. Que ceux-là se rassurent, c’est juste que je ne m’en souviens plus très bien. Je me rappelle avoir préféré Aquablue par contre.

Parlons BD …

•mai 8, 2013 • Laisser un commentaire

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Chères lectrices et chers lecteurs BDphiles cet article vous est destiné.

Si comme moi vous avez plongé très jeune dans le 9ème art vous ne pouviez voir que d’un bon œil l’émission « Un Monde de Bulles », sur la chaine public sénat, présentée par Jean-Philippe Lefèvre.

Pour ceux qui ne le connaitraient pas voici l’occasion, au travers de cette entretien pour le site BD Maniac, de le découvrir.

Malheureusement, cette émission s’est arrêtée, le 25 janvier, après 8 ans de bons et loyaux services. Nous voilà donc orphelins d’une émission d’une rare qualité, sur ce média qu’est la télé.

Pour le coup, pour toi routard du papelard, dévoreur du regard de ces cases sans buvard,  je t’ai retrouvé quelques pépites d’art :

  • Tout d’abord, l’émission qui traite de la plupart de ceux que j’ai admiré lorsque j’avais ente 10 et 13 ans (n’oubliez pas de monter le son sur le lecteur flash). On y croise Derib (auteur de Yakari et Buddy Longway), Cosey (auteur de Jonathan), Rosinski (Dessinateur de Thorgal et de « Le grand pouvoir du Chninkel« ) et Dubois que j’avoue volontiers ne pas connaitre.
  • Puis une émission de télé nommée Tac au Tac dans laquelle on retrouve les incontournables de la BD pour la jeunesse. Franquin et son impayable Gaston Lagaffe, Roba (Auteur et Dessinateur de Boule et Bill), Morris (Dessinateur de Lucky Luke) et Peyo et ses Schtroumpfs s’y affrontent de manière remarquable.

  • Cerise sur le gâteau je vous offre un épisode de Tac au Tac où sous vos yeux – ébahis je l’espère – vous allez voir Jean-Claude Forest (Barbarella, pour ne citer qu’elle), le fabuleux Franquin, Philippe Druillet (Adaptateur et Dessinateur de Salammbô et fondateur du journal Métal Hurlant avec Jean Giraud), et Gigi (Scarlett Dream) réaliser une œuvre fantastique, dans tous les sens du terme.

A l’époque, où je n’étais qu’aux prémisses de l’adolescence je n’eus pas accès au trois BD citées ci-dessus et, ce, d’autant plus que Scarlett Dream était une série légèrement érotique. Toujours est il que je ne me suis pas rattrapé depuis et que je recherche toujours avidement ces ouvrages.

Mais revenons en à ceux qui m’ont amusé et fait rêver. Ce sont bien trois générations d’auteurs de BD qui m’ont marqué à vie :

  • Tout d’abord, celui qui deviendra le maitre incontesté de la ligne claire et qui au fur et à mesure de son travail rendra le découpage des bandes dessinées de plus en plus efficace et cinématographique, j’ai nommé Hergé. C’est au travers de Tintin que j’ai sans doute le plus voyagé à travers le monde, avec un décalage temporel certes mais, avec un guide formidable.

  • Je dois également remercier Gosciny et Astérix et Obélix de m’avoir tant fait rire et qui méritaient bien que je vous dégotte ce documentaire :

  • Et enfin Jean Giraud alias Gir, dessinateur de Blueberry (que je n’ai finalement que très peu lu) aka Moëbius, dessinateur de L’incal, qui pour toujours me rendit adorateur de science-fiction.

J’aurais pu rajouter quelques séries comme Achille Talon, Valérian ou Yoko Tsuno mais elles n’ont pas eu l’importance de celles citées précédemment.

Ce qui aujourd’hui me redonne du plaisir à la lecture de ces vieux albums c’est la façon dont ils racontent l’histoire récente, le cheminement des sociétés, l’ambiance d’une période, la folie d’une autre, la façon de s’inspirer du cinéma puis de l’influencer à son tour tout en nourrissant un imaginaire à part. C’est en cela que j’aime la BD, pour ce qu’elle nous dit de nous …

Toutes ces BD et tout ces auteurs ont accompagné mon enfance de la fin des années 80 au début des années 90 avant que je fasse une pause, sans doute un temps lassé de ne plus y trouver ce que je cherchais, pour reprendre de plus belle quelques années plus tard. Mais ça, c’est un autre article …

Par Fremen10.

Insérer un lecteur flash libre dans son blog wordpress

•mars 17, 2013 • Laisser un commentaire

jwplayer

Geeks et geekettes, cet article est pour vous.

A l’époque où j’avais mon blog hébergé sur mon propre serveur j’en ai eu vite marre de dépendre de youtube, googlevideo, ou encore dailymotion. J’avais donc décidé de trouver un lecteur qui me permettrai de mettre des vidéos en ligne et d’en plus pouvoir les conserver.
J’ai opté pour une version libre et gratuite, JWPlayer dont je rapporte le lien au tout début du tutoriel qui suit.
Il s’agit d’un lecteur flash lisant les vidéos au format .flv et j’imagine mp4 également depuis le temps (mon blog date déjà de 2007)
Il vous faut donc vous munir tout d’abord d’un logiciel permettant de convertir n’importe quelle vidéo au format flv ou .mp4 ce que fait très bien et gratuitement le logiciel Super que vous trouverez en téléchargement ici.
Il ne vous reste plus qu’à suivre le tutoriel.

Le TUTORIEL

1. Téléchargez le lecteur flash du site Web de Jeroen (et démerdez vous comme un pur geek).

Pour les autres.

2. Téléchargez le plugin pour ce lecteur flash sous WordPress ici.

3. Pour installer le plugin, extraire le jwplayerpluginforwordpress.zip en utilisant le logiciel 7-zip.

4. Transférez le dossier du plugin sur votre serveur dans le dossier wordpress plugins (…/wp-content/plugins/).

5. Connectez vous à votre site WordPress et accédez au Site Admin »Plugins. Le plug-in JW Player apparaîtra dans la liste des plugins. Cliquez sur le lien Activer pour activer le plugin.

6.  À ce stade, le plugin est prêt à être utilisé. Toutefois, si vous possédez une licence commerciale JW Player, vous devez définir votre édition Player et clé de licence dans le JW Player »Réglages écran.

7. En utilisant par exemple Filezilla (FTP) créez sur votre serveur le dossier qui devra contenir les vidéos sous votre propre dossier d’installation de wordpress. Appelez ce dossier video ou bien comme vous voulez.

9. Déplacez les fichiers vidéo (au format .flv) dans ce nouveau dossier.

Pour les débutants voilà une aide en anglais avec la possibilité de faire ça encore plus simplement.

10. Pour personaliser le lecteur, cliquez sur l’onglet JW Player dans le menu de gauche. Il y a une ligne qui correspond aux propriétés du lecteur par défaut.
Cliquez « Create Custom Player ». Dans l’apparence, vous pouvez modifier la position de la barre de lecture (controlbar), l’apparence du lecteur (skin) la taille en largeur et hauteur et l’autostart (‘true’ si vous voulez que la vidéo démarre d’elle même). Il reste à sauvegarder avec Save et c’est bon.

11. Une fois dans votre article , sélectionnez le pictogramme « Ajouter un média ». Cliquez « External Media ». Vous devez remplir alors le chemin pour accéder à votre vidéo qui doit ressembler à quelque chose de ce genre : http://monsite.fr/wordpress/wp-content/video/nomdelavideo.flv

Attention à l’extension : avec le logiciel SUPER, l’extension .FLV est en majuscule.

12. Sélectionnez dans ‘Select Player’ le Custom Player que vous avez configuré auparavant et de cliquer ‘Insert JW Player’. Dans votre article, à l’endroit ou vous voulez voir apparaitre votre vidéo apparait maintenant du code.

Si vous avez des problèmes c’est sur le forum qu’il faut aller.

Par Fremen10

Mars aurait pu abriter de la vie microbienne par le passé

•mars 13, 2013 • Laisser un commentaire
Cette image couleur prise par le Rover Curiosity montre une partie de la paroi du cratère Gale, l'emplacement sur Mars où le robot a atterri le 6 août 2012. Cela fait partie d'une vaste mosaïque couleur haute résolution fabriquée à partir d'images obtenues par l'appareil photographique du mât de Curiosity.

Cette image couleur prise par le Rover Curiosity montre une partie de la paroi du cratère Gale, l’emplacement sur Mars où le robot a atterri le 6 août 2012. Cela fait partie d’une vaste mosaïque couleur haute résolution fabriquée à partir d’images obtenues par l’appareil photographique du mât de Curiosity.

Habitants de la Terre je m’adresse à vous,

Le 6 août 2012, le rover Curiosity se posait dans le cratère Gale de 150 km de large.

Cette carte en fausses couleurs montre la zone à l'intérieur du cratère Gale sur Mars, où Curiosité rover de la NASA a atterri sur 5 août 2012 PDT (6 août 2012 HAE) et le lieu où la curiosité recueilli son premier échantillon foré au "Klein John" rocher. Crédit image: NASA / JPL-Caltech / MSSS

Cette carte en fausses couleurs montre la zone à l’intérieur du cratère Gale, sur Mars, où le rover de la NASA a atterri le 6 août 2012 et le lieu où il a recueilli son premier échantillon foré au rocher « John Klein ». Crédit image: NASA / JPL-Caltech / MSSS

Après y avoir notamment trouvé un ruisseau asséché (voir cet article), le laboratoire roulant de 899 kg a exploré la zone baptisée Yellowknife Bay.

Des images acquises depuis l’orbite par des sondes y ont révélé une surface fracturée qui chaque nuit se refroidit plus lentement que le terrain environnant. Dès lors, il ne restait plus au Rover qu’a se déplacer sur place pour y prendre des photos. Les clichés pris par Curiosity ont dévoilé une géologie intéressante pour les responsables scientifiques de la mission.

Quelques exemples de veines (flèches rouges), probablement de gypse, dans des roches matiennes, non loin de la zone «John Klein» où Curiosity a utilisé sa perceuse.Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS - Enjoy Space

Quelques exemples de veines (flèches rouges), probablement de gypse, dans des roches matiennes, non loin de la zone «John Klein» où Curiosity a utilisé sa perceuse.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS – Enjoy Space

La caméra-laser franco-américaine ChemCam qui analyse sol et roches à distance (voir cette vidéo) a détecté dans les veines rocheuses  des concentrations élevées de calcium, soufre et hydrogène. Ces éléments font penser que le rover est peut-être face à des veines de gypse. Sur Terre, de telles veines se forment lorsque de l’eau circule dans des fractures rocheuses.

C’est donc dans cette zone que ce sont concentrés les recherches mais sans précipitation et avec toutes les précautions requises. En effet, l’outil perceuse de Curiosity (Drill en anglais), situé dans la tourelle au bout de son bras robotique  souffrait d’un défaut : on craignait qu’en cas de blocage une surtension électrique du moteur ne puisse se propager à l’ensemble de l’électronique du rover. Cependant, en novembre 2011, une modification avait été apportée qui, normalement, a permis de résoudre le problème.

Au bout de son bras robotique de 2,1 m de longueur, Curiosity possède une tourelle de 30 kg et 60 cm de large dotée de 2 instruments (caméra MAHLI et spectromètre X APXS) et de 3 outils (brosse DRT, perceuse Drill et CHIMRA chargé de collecter et préparer des échantillons).Crédit : NASA/Enjoy Space

Au bout de son bras robotique de 2,1 m de longueur, Curiosity possède une tourelle de 30 kg et 60 cm de large dotée de 2 instruments (caméra MAHLI et spectromètre X APXS) et de 3 outils (brosse DRT, perceuse Drill et CHIMRA chargé de collecter et préparer des échantillons).
Crédit : NASA/Enjoy Space

Toutefois, le 2 février 2013, seule la fonction percussion de la perceuse a été utilisée donnant lieu à une entaille de 1,7 cm de large immortalisée sur le cliché ci-dessous.

Gros plan de la roche percutée par l’outil Drill de Curiosity le 2 février. L’image est réalisée par la caméra MAHLI située sur la tourelle d’instruments qui héberge aussi la perceuse. L’entaille réalisée qui se distingue par sa coloration grisâtre fait 1,7 cm de large. On remarque que la poussière éjectée autour (et notamment en haut) a également la même couleur, très différente de l’aspect de surface brun orangé.Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS

Gros plan de la roche percutée par l’outil Drill de Curiosity le 2 février. L’image est réalisée par la caméra MAHLI située sur la tourelle d’instruments qui héberge aussi la perceuse. L’entaille réalisée qui se distingue par sa coloration grisâtre fait 1,7 cm de large. On remarque que la poussière éjectée autour (et notamment en haut) a également la même couleur, très différente de l’aspect de surface brun orangé.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS

Quatre jours plus tard, le 6 février, ce fut le tour de la fonction perçage (le foret tournant alors comme sur une perceuse classique) d’être testée et qui a conduit à réaliser un trou de seulement 2 cm de profondeur.

Bien que l’outil Drill de Curiosity ait été testé 1.200 fois sur 20 roches différentes sur Terre, les ingénieurs ont joué la prudence. Des vibrations excessives pourraient endommager la perceuse, la tourelle ou même le rover en cas de blocage (le délai des transmissions interdisant tout pilotage en temps réel).

Le 8 février, la perceuse de Curiosity fonctionnait pour la première fois en mode complet (rotation + percussion), réalisant, cette fois, un trou de 1,6 cm de diamètre pour 6,4 cm de profondeur au sein d’une roche enchâssée dans le sol et nommée John Klein (en hommage à un responsable du rover décédé en 2011).

Le trou de 1,6 cm de diamètre pour 6,4 cm de profondeur réalisé par Curiosity le 8 février est celui de gauche. À droite, un perçage de test réalisé 2 jours avant.Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS

Le trou de 1,6 cm de diamètre pour 6,4 cm de profondeur réalisé par Curiosity le 8 février est celui de gauche. À droite, un perçage de test réalisé 2 jours avant.
Crédit : NASA/JPL-Caltech/MSSS

A partir de là le processus d’analyse des roches s’est mis en marche. La poudre prélevée à l’intérieur de la roche a été confiée aux deux laboratoires d’analyse de Curiosity : CheMin (pour la minéralogie) et SAM pour déterminer les molécules présentes (Sample Analysis at Mars, instrument auquel la France participe grâce au CNES).

Le 12 mars en fin de journée la NASA nous annonce le bonne nouvelle : « Une question fondamentale pour cette mission est de savoir si Mars aurait pu posséder un environnement habitable », a déclaré Michael Meyer, chercheur principal pour le programme d’exploration de Mars de la NASA au siège de l’agence à Washington. « D’après ce que nous savons maintenant, la réponse est oui. »

Mars a donc présenté autrefois des conditions favorables à l’apparition de la vie et à l’habitabilité de la planète.

Il faut donc revenir sur les analyses réalisées par les « labos embarqués ».

  1. Tout d’abord, les scientifiques ont identifié la présence de soufre, d’azote, d’hydrogène, d’oxygène, de phosphore et de carbone – quelques-uns des ingrédients chimiques essentiels pour la vie.
  2. Ensuite, cette roche affleurante consiste en des argiles, ce qui confirme une hypothèse avancée par l’interprétation de données récoltées par des sondes sur orbite autour de Mars (l’Européenne Mars Express notamment).
  3. Enfin, Curiosity apporte une précision importante : ces minéraux argileux (jusqu’à 20 % de l’échantillon) se sont formés en présence d’eau. En examinant les concentrations des différents éléments (olivine, sulfates de calcium, dioxyde de soufre, eau, etc.), les scientifiques de la mission affinent encore plus le portrait de l’environnement habitable dont il est question. Il ne s’agit plus ici du lit asséché d’un ancien ruisseau, mais plutôt du fond d’un ancien petit lac.

De plus, cet ancien environnement humide, à la différence des autres déjà observés sur Mars, n’était pas fortement oxydé, acide ou très salé, ont expliqué ces chercheurs. « On aurait pu boire cette eau », a lancé John Grotzinger, un autre responsable scientifique de la mission Curiosity, précisant aussi que les instruments du robot ne permettent pas de détecter la vie comme telle.

La conférence de presse de la NASA ce 12 mars 2013 :

Il n’y a que la science qui peut soudain vous donner l’impression d’avoir franchi un cap inimaginable. Aujourd’hui de nouvelles théories vont voir le jour et de nouvelles idées vont se muer en volonté d’en savoir plus. D’ores et déjà un autre perçage est prévu afin de confirmer et affiner ces résultats avant de continuer à se déplacer. Nous pourrons alors souhaiter un repos bien mérité à Curiosity, le temps que les ingénieurs comprennent le problème concernant la mémoire informatique de l’ordinateur A.

Vers l’infini et l’au delà !
Par Fremen10

Sources :
NASA Rover Finds Conditions Once Suited for Ancient Life on Mars

http://www.enjoyspace.com/fr/news/curiosity-se-prepare-a-percer-mars
http://www.enjoyspace.com/fr/news/curiosity-percute-mars
http://www.enjoyspace.com/fr/news/curiosity-perce-une-roche-martienne
http://www.enjoyspace.com/fr/news/mars-a-ete-habitable

LeMonde en ligne : Selon la NASA, la vie microbienne a pu exister sur Mars