Comme il nous ment !

Salut à toi  camarade collègue, camarade citoyen, camarade endormi…

Le dormeur doit se réveiller car nos politiques nous endorment, nous assomment de chiffres pour faire passer leurs réformes. Seulement, nos politiques à qui je prête une intelligence crasse, n’en oublient pas moins qu’il existe en France un organisme appelé l’INSEE et qui a la remarquable qualité de fournir des données sur tout ce qui peut être chiffré.

Cet institut a d’autant plus d’intérêt qu’il met à disposition sur son site toutes les informations qu’il possède (enfin je le crois et surtout je l’espère).

C’est là où je me dis que nos chers dirigeants devraient sans doute apprendre à lire correctement des tableaux, des graphiques ou encore apprendre à faire un petit produit en croix (on a vu que ce n’était pas le fort du Darcos).

Lors de ses vœux aux personnels de l’éducation, le 19 janvier, notre suzerain bien aimé, Nicolas Sarkozy a continué de défendre les suppressions de postes, expliquant : « Dans la société française nous devons réfléchir autrement qu’en quantité, mais en qualité ». Selon le chef de l’État, « il y a 600 000 enfants de moins et il y a 45 000 enseignants de plus » qu’au début des années 1990. « La réponse ne peut pas être celle uniquement du nombre des effectifs, la réponse c’est celle de la qualité de formation et de la qualité de rémunération ».

A la télé notre cher président, roi soleil, Nicolas Sarkozy déclarait : « Depuis 20 ans, il y a 500 000 élèves en moins et 34 000 enseignants en plus ». Or selon l’INSEE (http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATFPS07119) le nombre des élèves étaient de 14 828 000 en 1990, 14 955 000 en 2009 soit 127 000 élèves en plus.

Dans la même période de temps, le personnel de l’éducation nationale a baissé de 44 000 personnes : 1 171 300 en 1990 (professeurs, personnel administratif et encadrement) contre 1 127 745 personnes en 2010 (http://www.insee.fr/fr/ffc/figure/NATTEF07149.xls).

Ne regardant que mon courage je me suis empressé de détailler un peu plus précisément cet état de fait puisqu’on ne cesse de voir et de répéter que les conditions d’enseignement n’ont cessé de se dégrader dans mon établissement, petit collège, grosso modo depuis 2005-2006.

Regardons les chiffres du nombre d’élèves dans le second degré:

  1. En 1990 il y avait 5 726 000 élèves
  2. En 2007 il y en avait 5 371 000
  3. En 2009 il y en avait 5 332 000

Entre 1990 et 2007 l’effectif des élèves du second degré a diminué de 355 000
Entre 2007 et 2009 l’effectif des élèves du second degré a diminué de 39000.

Cela fait un total de 394000 élèves en moins, en 20 ans.

Regardons les chiffres concernant les personnels enseignants dans le second degré (http://www.insee.fr/fr/ffc/figure/NATTEF07115.xls) :

  1. Il y avait 413 107 enseignants du public et 98378 enseignants dans le privé en 2007 soit un total de 511 485 enseignants dans le second degré
  2. Il n’y avait plus que 389 008 enseignants dans le secteur public et encore 94 971 dans le secteur privé soit un total de 483979 en 2010.

Faisons donc les comptes. Cela représente entre 2007 et 2010 une perte de 27506 enseignants pour 39000 élèves de moins. On peut aller plus loin en regardant la suppression des effectifs d’enseignants du privé qui devrait être proportionnelle à celle du public.

Il y a eu 24 099 suppressions de postes dans le public entre 2007 et 2010 et seulement 3407 dans le privé alors que si les proportions étaient conservées il devrait y en avoir 5735 …
On constate que le traitement n’est pas le même.

Pour appuyer mon raisonnement il aurait fallu que je trouve le nombre de professeurs du second degré en 1990 afin d’observer qu’elle était la réduction de postes en 17 ans pour 355000 élèves.

Je ne peux constater qu’une chose c’est qu’au minimum notre président se trompe, au pire il nous trompe. S’il prend l’ensemble des effectifs on constate une augmentation du nombre d’élèves depuis 1990 et une diminution des postes. S’il ne voulait parler que du second degré, la baisse d’effectif n’est que de 394000 élèves (loin des 600 000 ou des 500000 tout de même) et personnellement je n’arrive pas à mettre la main sur les chiffres du nombre d’enseignants dans le second degré en 1990.

Peut être voulait il alors parler des premier et second degrés mêlés (École primaire + collège + lycée) :

  1. 6 953 000 + 5 726 000 = 12 679 000 élèves en 1990
  2. 6 645 000 +5 371 000 =12 016 000 élèves en 2007
  3. 6 647 000 +5 332 000 =11 979 000 élèves en 2009

Il y a eu 663 000 élèves de moins entre 1990 et 2007.
Il y a eu 37 000 élèves en moins entre 2007 et 2009.

Entre 1990 et 2009 la baisse des effectifs est donc de 700 000 soit supérieur de 100 000 à 200 000 par rapport au discours de notre président. Quid ? On pourra également constater que c’est une augmentation qui est constatée dans les effectifs du primaire entre 2007 et 2009. Augmentation qui se répercutera inévitablement dans les années à venir dans le secondaire.

Passons aux effectifs de profs :

  1. Premier et second degré public, 321 339 +413 107 = 734 446
    Premier et second degré privé, 46 123 + 98378 = 144 501
    Soit un total de 878 947 enseignants en 2007.
  2. Premier et second degré public, 323 445 + 389 008 = 712 453
    Premier et second degré privé, 45 483 + 94 971 = 140454
    Soit un total de 852 907 enseignants en 2010.

Soit une suppression globale de 26 040 postes sur premier et second degrés.
21 993 dans le public et 4047 dans le privé (toujours loin des 5735). Il est à noter que le secteur public à été doté entre 2007 et 2010 d’environ 2000 postes de professeurs des écoles pour une augmentation des effectifs qu’on peut supposer de plus de 2000 élèves (2000 entre 2007 et 2009). Où est la logique ? Et surtout où sont-ils puisque les écoles ont toujours autant de problèmes de remplacement (si ce n’est plus) ?

Quoi que je prenne en compte il m’est impossible d’arriver aux chiffres de notre cher président. Je ne sais donc pas de quoi, de qui il parle. Je ne vois aucune logique d’anticipation. En fait, je vois devant moi, en grand, la réduction inaltérable des coûts financiers sans réfléchir un instant à l’encadrement humain des élèves. Car s’ils se construisent c’est bien au contact d’autres qui leur sont semblables (camarades, surveillants, personnels d’entretien, personnels administratifs, enseignants).

Le dormeur doit se réveiller !

Mise à jour (14h30) : Voici une analyse rapide des chiffres publiés par le centre d’analyse stratégique (CAS) sur le web pédagogique.

Par fremen10

~ par bioprof sur février 15, 2011.

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